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Le premier ministre irakien sortant Haider al-Abadi a été lâché par ses alliés qui n'ont pas jugé ses explications "convaincantes".

KEYSTONE/AP/KARIM KADIM

(sda-ats)

Les deux listes arrivées en tête aux législatives en Irak ont annoncé samedi qu'elles souhaitaient former le prochain gouvernement sans le Premier ministre sortant Haider al-Abadi. Elles l'ont accusé d'avoir échoué à trouver une sortie de crise à Bassora (sud).

M. Abadi, qui pouvait jusqu'ici prétendre à conserver son poste grâce à son accord avec la liste La Marche pour les réformes du populiste Moqtada Sadr a été lâché par son allié samedi. Jugeant "peu convaincantes" les explications du gouvernement, les élus de cette liste lui ont demandé de "s'excuser auprès du peuple irakien et de démissionner".

Peu après, la liste rivale, l'Alliance de la Conquête, qui rassemble d'anciens combattants antidjihadistes, s'est dite "sur la même longueur d'onde que la Marche pour les réformes pour former un nouveau gouvernement", selon son porte-parole.

Echange d'invectives

Depuis lundi, le bloc Sadr-Abadi et le bloc pro-Iran emmené par l'Alliance de la Conquête revendiquaient la majorité nécessaire pour former le futur gouvernement, provoquant une paralysie politique, aggravée par une situation tendue à Bassora, où des manifestations émaillées de violences meurtrières dénonçaient l'incurie politique face au marasme social.

Convoqué samedi après-midi devant le Parlement avec plusieurs de ses ministres, M. Abadi a appelé à faire la distinction entre "la dimension politique" du mouvement à Bassora et "la question des services publics" dans la ville pétrolière.

Signe des tensions entre Bagdad et cette région côtière, M. Abadi et son colistier, le gouverneur de Bassora Asaad Al-Eidani, se sont longuement invectivés. M. Eidani a ainsi accusé M. Abadi de ne pas saisir l'ampleur de la crise tandis le Premier ministre a reproché au gouverneur de ne pas être resté à Bassora.

A feu et à sang

Depuis le début des troubles en juillet, 27 personnes sont mortes dans le sud de l'Irak, dont douze manifestants uniquement à Bassora cette semaine. Critiqués par les défenseurs des droits de l'Homme pour leur action lors des manifestations à Bassora, les ministres chargés des forces de l'ordre ont assuré au Parlement avoir procédé à un grand ménage parmi leurs troupes.

La situation restait tendue samedi à Bassora, après une nuit marquée par la mort de trois manifestants et l'incendie de plusieurs institutions dont le consulat du très influent voisin iranien.

Le gouvernement a annoncé avoir de nouveau débloqué des fonds sans donner de sommes ni de calendrier alors que les manifestants affirment n'avoir jamais vu arriver les premiers milliards de dollars d'urgence annoncés en juillet.

Les Irakiens qui pâtissent depuis des années de pénuries d'eau et d'électricité réclament à l'Etat d'enfin assurer leur approvisionnement, d'autant que les recettes pétrolières atteignent des records (7,7 milliards de dollars en août).

Samedi matin, quatre roquettes se sont abattues dans l'enceinte de l'aéroport, sans toutefois perturber le trafic.

Nouveau cap

Depuis début juillet, Bassora est l'épicentre d'un mouvement contre la corruption, endémique en Irak, le chômage et la déliquescence des services publics dans un pays riche en pétrole qui se targue d'avoir terminé la guerre contre le groupe Etat islamique (EI).

Exacerbée cette année par une sécheresse qui a réduit la production agricole à peau de chagrin, le mouvement avait semblé s'essouffler durant l'été. Il est reparti de plus belle depuis mardi alors qu'une crise sanitaire sans précédent a éclaté à Bassora où plus de 30'000 personnes ont dû être hospitalisées en raison de l'utilisation d'eau polluée.

Cette semaine, les troubles ont été limités à la seule province de Bassora, mais ils ont franchi un nouveau cap. Un à un, les manifestants ont brûlé tous les symboles du pouvoir. Après le siège du gouvernorat, ils s'en sont pris aux partis et groupes armés, puis au consulat iranien.

M. Abadi a appelé les troupes déployées en renfort à Bassora de nouveau sous couvre-feu samedi à "agir de façon décisive face au vandalisme".

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ATS