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La protection de la sphère privée résulte aussi de la responsabilité individuelle (archives).

KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

(sda-ats)

Les réseaux sociaux exploitent non seulement les données de leurs utilisateurs, mais aussi celles des non-membres. D'après un chercheur de l'EPFZ, ils créent des profils "fantômes" de personnes ne possédant pas de compte grâce aux contacts privés des inscrits.

Les réseaux sociaux, comme Facebook, proposent qu'un utilisateur importe sa liste de contacts, afin qu'il puisse plus facilement retrouver un ami. Le hic, c'est que les réseaux sociaux collectent toutes les données dans son carnet d'adresses (mail et postale, numéro de téléphone, etc), donc aussi des non-membres.

Ils créent ensuite un profil, incluant parfois des informations privées, observe David Garcia, de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). Pour parvenir à ces conclusions, le chercheur a étudié les archives de la plate-forme "Friendster", qui a entre-temps disparu.

Il a notamment regardé s'il était possible d'obtenir des renseignements sur l'orientation sexuelle d'un non-membre ou sur sa situation amoureuse. Résultat: la probabilité que les renseignements qu'il a obtenus soient exacts est très élevée, relève-il dans la revue "Science Advances".

Et cette probabilité augmente, plus le nombre d'utilisateurs du réseau social est grand et plus l'accès à la liste d'amis est facilité. A noter que Facebook comptait en juin de cette année, 1,32 milliard d'utilisateurs actifs quotidiennement. Friendster en recensait 115 millions par moments.

Recouper des données

Quand les utilisateurs importent leurs listes de contacts ou carnets d'adresses, le réseau social tente d'établir des modèles où les personnes sont mises en relation. Il crée des liens en fonction de leur ressemblance.

Dans le cas de l'étude, les personnes hétérosexuelles seront connectées aux personnes du sexe opposées, les homos avec celles du même sexe, de même que les célibataires entre eux. Il arrive aussi que plusieurs utilisateurs importent le même contact d'une personne qui ne possède pas de compte sur le réseau social. C'est par ce biais que le réseau social parvient à construire ce profil "fantôme".

Ce problème n'est pas nouveau. En 2013, Facebook avait fait couler beaucoup d'encre pour cette raison. Le chercheur de la haute école de Zurich appelle donc les internautes à user de leurs informations privées avec prudence et à renforcer les dispositions sur la protection des données.

ATS