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Environ un million de personnes en Suisse ne perçoivent pas assez bien les sirènes traditionnelles (archives).

KEYSTONE/ENNIO LEANZA

(sda-ats)

Les 7200 sirènes fixes et mobiles du pays ont été testées mercredi avec succès: 99% des installations fonctionnent parfaitement, contre 98,3% en 2016. En marge de ces tests, la Fédération suisse des sourds a manifesté dans quatre villes; elle s'estime discriminée.

Seules 61 sirènes fixes (sur 5000) ont révélé des défauts, un résultat comparable à celui de l'année dernière (81), indique l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP) mercredi après-midi dans un communiqué. Les cantons et communes doivent réparer ou remplacer sans délai les installations défectueuses, précise l'OFPP. Ceci afin de garantir un niveau de sécurité très élevé.

Pour l'OFPP, le système de télécommande centralisé (Polyalert) introduit l'an dernier continue de faire ses preuves. Les résultats du test sont relevés pour l'ensemble des sirènes fixes, désormais reliées par une télécommande unique. Les cantons ne doivent plus communiquer leurs résultats. Ceux-ci sont rapidement parvenus à la centrale et de manière homogène, souligne mercredi l'OFPP.

Environ 600 des 5000 sirènes fixes permettent également de transmettre l'alarme eau. Le test effectué mercredi portait sur celle-ci ainsi que sur l'alarme générale.

Autres canaux

Depuis 2015, l'OFPP gère aussi une application, un site Internet, un compte Twitter ainsi qu'une chaîne YouTube afin d'informer la population en cas de catastrophes ou de situations d'urgence. Car les sirènes traditionnelles sont insuffisamment perçues par près d'un million de personnes souffrant d'une déficience auditive en Suisse, selon l'OFPP.

Un essai pilote sera réalisé à la fin de l'année dans plusieurs cantons. Le nouveau système (Alertswiss) devrait être opérationnel en 2018 dans tout le pays.

Selon Kurt Münger, chef de la communication à l'OFPP, alerter la population via l'application et le site Internet n'est pour l'heure pas encore possible. Ces alertes proviennent des 40 centrales de police, qui doivent d'abord être reliées au système. L'abonnement à des "push" via le site Internet est prévu et verra vraisemblablement le jour, assure M. Münger.

Pas automatiques

Point faible de ces canaux: les utilisateurs doivent les installer eux-mêmes et aucune automatisation n'est en vue. Le projet d'alerte par SMS, en complément aux sirènes, est passé à la trappe, au grand dam de La Fédération suisse des sourds. Il n'est pas possible de diffuser un aussi grand nombre de messages en cas d'événement majeur.

Autre idée rejetée, celle de l'alerte par diffusion cellulaire ("Cell Broadcast"). Ce service permet de diffuser un même message, grâce à une antenne, à des téléphones se situant dans le rayon de la cellule. Problème, les téléphones multifonctions ne sont pas configurés de manière standard pour diffuser ce genre de notification "push", explique Kurt Münger.

Il est en revanche prévu dès 2019 de diffuser les alarmes en cas de catastrophe également par le biais d'applications météo, trafic ou d'actualité utilisées par une grande part de la population, affirme M. Münger. L'OFPP est notamment en discussion avec MétéoSuisse, mais rien n'a encore été décidé.

Manifestation des sourds

Se sentant discriminée, la Fédération suisse des sourds a manifesté à Lausanne, Berne, Bâle et Lugano (TI). Les personnes sourdes "continuent à risquer leur vie parce qu'elles sont exclues des systèmes d'alarme en cas de catastrophe et n'ont pas accès aux informations diffusées par la radio qui y sont liées", déclare-t-elle.

Son action vise à sensibiliser la population à cette discrimination. "Le 1er février 2017, à 13h30, résonneront les sirènes de tout le pays. Mais pour les personnes sourdes, le silence restera le même", écrit la Fédération. S'adressant à la Confédération, elle critique que l'introduction de systèmes d'alarme alternatifs soit repoussée et qu'une rencontre avec les organisations de malentendants ait été refusée ou remise à plus tard.

L'OFPP rejette ces reproches. Berne est en contact étroit avec la Fédération, rétorque M. Münger. Et d'ajouter que les deux parties se sont rencontrées mardi afin de discuter de la suite des opérations.

ATS

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