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Les Suisses préfèrent désormais s'informer en ligne plutôt qu'avec la télévision.

KEYSTONE/AP/JEFF CHIU

(sda-ats)

En Suisse, plus de 40% des utilisateurs des médias s'informent principalement sur les sites d'actualités (32%) ou via les médias sociaux (9%). Cette "plateformisation" met le journalisme professionnel sous pression.

Pour les utilisateurs âgés de 18 à 24 ans, les médias sociaux (24%) sont après les sites d'actualités (34%) la 2e plus importante source de nouvelles, indique l'étude Annales 2017 sur la qualité des médias de l'institut fög. La télévision est le canal préféré de seulement 14% du plus jeune groupe d'utilisateurs, alors qu'elle constitue la source d'informations la plus utilisée par les groupes d'âge plus avancés.

Réseaux sociaux au top

Lorsque les Suisses consomment des nouvelles en ligne, ils le font de plus en plus souvent sur des plateformes d'intermédiaires, comme Facebook ou Google. Environ 30% des lecteurs ne consomment plus l'information sur les sites de marques de médias spécifiques. On peut supposer que ce groupe d'utilisateurs deviendra encore plus important à l'avenir, conformément à la tendance internationale.

Il existe toute une série de nouveaux médias alternatifs, comme uncut-news.ch ou legitim.ch, a expliqué Linards Udris de l'institut fög. Par rapport à 20minuten.ch ou blick.ch, de nouvelles offres indépendantes ou plus régionales ont peu d'écho. Il est difficile de prévoir si les nouveaux projets en ligne alémanique Republik et romand Bon pour la tête réussiront à augmenter leur couverture.

Toutefois, ces offres atteignent parfois une couverture proche de celle des médias professionnels, voire supérieure. Un reportage de legitim.ch diffusé sur Facebook a ainsi récolté 4000 réactions. Sur cette même plateforme, les journaux professionnels atteignent en moyenne 300 réactions.

Sous pression

Ces derniers sont ainsi sous pression. Entre 2015 et 2016, Facebook (+62%) et Google (+20%) ont enregistré une hausse à deux chiffres de leurs revenus publicitaires, alors que les gains ont chuté ailleurs.

Pour mieux asseoir leur présence, et par peur de perdre leur couverture, les diffuseurs de médias traditionnels ont tendance à s'établir eux-mêmes sur ces plateformes, et leur donnent gratuitement des contenus. Cette démarche affaiblit cependant la marque du média.

Les jeunes en particulier ne font plus le lien entre les nouvelles consommées et les véritables producteurs de ces contenus, souligne M. Udris. Pour eux, ils "lisent un article sur Facebook" et non un article de la NZZ publié sur Facebook, a exemplifié Anne-Friederike Heinrich, rédactrice en chef de Werbewoche lors de la table ronde.

Facebook baisse la qualité

De plus, Facebook influence négativement la qualité, comme l'a montré une analyse de l'offre médiatique sur la plateforme en 2016, relèvent encore les auteurs de l'étude. Partant du principe que le réseau social joue avant tout sur l'émotion, les diffuseurs de médias traditionnels ont tendance à proposer sur Facebook une qualité de contenus inférieure comparée à celle offerte sur leurs propres canaux.

C'est le cas notamment pour les médias romands Le Temps, 24 heures et 20 Minutes. Six médias, dont RTS Info ou Le Matin, proposent une qualité équivalente sur le média social et sur leur site. Ils arrivent néanmoins à déclencher de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. Seule la NZZ offre une qualité plus élevée sur Facebook que sur son site.

Autre constat-clé de l'étude, une embellie globale sur Internet. De nombreux diffuseurs continuent à fournir sur leurs sites une offre journalistique exigeante. La qualité a même fortement augmenté depuis trois ans pour les sites d'actualités professionnels, qui ont été pendant longtemps moins efficaces que leurs homologues de la presse écrite et de la radio.

Analyse de 79 médias

L'étude Annales 2017 de la qualité des médias de l'institut fög se fonde sur un échantillon aléatoire de 2016 comportant 28'214 articles tirés de 79 médias d'informations suisses des trois régions linguistiques. Elle se base également sur des sondages du projet international Reuters Digital News Report, dont elle fait partie, et pour lequel 2000 usagers suisses d'Internet ont été contactés.

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ATS