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Les Suisses ne voteront pas sur l'éducation sexuelle à l'école. L'initiative "protection contre la sexualisation à l’école maternelle et à l’école primaire"a été retirée. Ses auteurs affirment avoir déjà atteint leur but mais ils entendent rester vigilants.

Quinze membres fondateurs du comité d’initiative ont signé, dans le délai prescrit, la déclaration de retrait valable. Le Conseil fédéral renonce donc à soumettre au vote le texte, peut-on lire mardi dans la "Feuille fédérale".

L'initiative, lancée par la droite conservatrice, voulait empêcher toute éducation sexuelle à l'école avant que les enfants aient atteint l'âge de neuf ans. Tout au plus, un cours destiné à la prévention des abus aurait pu être dispensé à partir de l'école maternelle.

Un cours obligatoire n'aurait pu être proposé que pour des enfants de 12 ans et plus, dans le cadre de la biologie. Il aurait dû être destiné à la "transmission de savoirs sur la reproduction et le développement humains". L'initiative précisait que les jeunes ne pouvaient être contraints à suivre une éducation sexuelle allant au-delà du cadre qu'elle pose.

Zizi en peluche

L'initiative a fait chou blanc devant le Parlement. Suivant la recommandation du gouvernement, le Conseil national l'a rejetée par 134 voix contre 36 et celui des Etats par 37 voix contre 1. A l'origine du texte se trouve un groupe de parents de Bâle-Ville qui a fait croisade contre une boîte d'accessoires pédagogiques contenant des organes sexuels en peluche.

Parmi les initiants figuraient plusieurs élus fédéraux, actuels ou anciens, comme la libérale vaudoise Suzette Sandoz, les UDC jurassien Dominique Baettig et valaisan Oskar Freysinger ainsi que des léguistes, des PDC et des PLR. Ils s'en étaient également pris à l'Office fédéral de la santé publique, accusé, sous couvert de prévention du sida, de vouloir introduire des cours obligatoires d'éducation sexuelle dès l'école enfantine.

Dans un communiqué, le comité précise avoir atteint de nombreux résultats positifs. Bâle-Ville aurait reculé. Le Centre de compétences "Education sexuelle à l’école", à la Haute école pédagogique de Lucerne, a été fermé. Le plan d’études alémanique (Lehrplan 21) ne prévoit pas d'unité d'éducation sexuelle avant la dixième année scolaire.

Changement de stratégie

Selon un sondage, qu'il devrait publier ultérieurement, le comité affirme aussi être soutenu par une majorité de l'électorat. Le lancement de l'initiative aurait permis de sensibiliser la population. D'où un changement de stratégie: "au lieu de rechercher une décision à court terme dans les urnes, il vaut mieux rassembler les forces dans une campagne à long terme".

Le comité se transforme en "association Initiative de protection", qui observera la manière dont évoluera l’éducation sexuelle en Suisse. Celle-ci agira pour empêcher les abus, en lançant des initiatives et des référendums si nécessaire. Elle continuera en outre de publier tous les trois mois une revue.

Une première tentative d'initiative avait avorté en raison du passé pédophile d'un des membres du comité. Trois jours après le lancement en avril 2012, les initiants ont découvert que Benjamin Spühler a été condamné pour actes sexuels sur mineure dans les années 1990. A la demande des autres membres, il a immédiatement quitté le comité.

ATS