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Le président de l'USS Paul Rechsteiner - accompagné de la présidente d'Unia Vania Alleva et du président du SEV Giorgio Tutti - refuse le démantèlement de la protection des salaires et compte utiliser tous les moyens appropriés, jusqu’au référendum.

KEYSTONE/THOMAS HODEL

(sda-ats)

Les syndicats ne négocieront pas sur l'assouplissement des mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes avec Johann Schneider-Ammann. L'Union syndicale suisse ainsi que l'autre faîtière syndicale, Travail.Suisse, boycottent les discussions.

Le Conseil fédéral a décidé au début du mois de juillet de consulter les cantons et les partenaires sociaux sur les mesures d'accompagnement, principal point d'achoppement des négociations sur un accord-cadre entre la Suisse et l'Union européenne. Il a donné mandat au Département fédéral de l'économie (DEFR) d'organiser les discussions.

Or, le DEFR veut faire des concessions à l'UE sur la protection des salaires, a affirmé mercredi le président de l'Union syndicale suisse Paul Rechsteiner. En juillet, le Conseil fédéral a réaffirmé qu'il ne céderait pas sur les lignes rouges qu'il s'est données. Mais le mandat fixé par le département dans le cadre de la consultation contredit toutes les décisions prises à ce jour, selon lui.

Le DEFR a notamment créé un groupe de travail technique qui doit formuler des propositions allant dans le sens de la Commission européenne et qui puissent passer le cap d'une éventuelle appréciation de la Cour européenne de justice, a déclaré le conseiller aux Etats socialiste. Il s'agit d'une trahison envers les salariés, selon lui.

Pression accrue

Si des compétences sont octroyées à Bruxelles et à la Cour européenne, la pression sur la protection des salaires va énormément s’accentuer en Suisse. Ces deux instances ont déjà contraint dans l'UE des pays comme l’Autriche et le Luxembourg à renoncer à une partie de leurs mesures de protection des salaires, a rappelé le Saint-Gallois.

Dans ce contexte, il est impensable pour l'USS de discuter avec le Département de l'économie. Elle utilisera tous les moyens appropriés pour éviter le démantèlement de la protection des salaires et pourra aller jusqu'au référendum pour que la Suisse protège ses salaires de manière non discriminatoire et autonome, a lancé Paul Rechsteiner.

"Cette attitude est inacceptable", a déploré Johann Schneider-Ammann lors d'un point de presse improvisé. Le ministre compte poursuivre le mandat que lui a octroyé le Conseil fédéral. "Je dois travailler avec ceux qui sont prêts à continuer à discuter". L'objectif est de trouver une solution d'ici octobre, avant la mise en oeuvre du Brexit. "Je m'y engage avec ceux qui viennent à ma table", a-t-il dit. Une discussion est prévue jeudi, une autre le 1er septembre.

Salaires suisses

Concernant les mesures d'accompagnement à la libre circulation des personnes, l'UE s'insurge surtout contre la règle dite des huit jours qui oblige les entreprises européennes à annoncer une semaine à l'avance leurs missions en Suisse et à s'acquitter d'une caution. Elle souhaite que Berne les abandonne au profit de la nouvelle directive européenne sur les travailleurs détachés.

La protection des travailleurs n'est pas négociable, a relevé Vania Alleva, présidente d'Unia, syndicat affilié à l'USS. Non seulement la règle des huit jours est remise en question, mais aussi les conventions collectives de travail, la qualité des contrôles effectués en Suisse et les sanctions contre les employeurs pratiquant la sous-enchère salariale.

"Nous nous opposerons à ces objectifs par tous les moyens", a-t-elle ajouté. La Suisse compte le plus grand nombre de salariés détachés par habitant. Elle doit pouvoir protéger de façon autonome et efficace ses salaires qui sont les plus élevés d'Europe. Elle doit surtout pouvoir verser des salaires suisses, selon la syndicaliste.

De son côté, Travail.Suisse indique être ouvert à la discussion sur une amélioration des mesures d'accompagnement. Afin de préserver la libre circulation des personnes avec l'UE à long terme, il est nécessaire d'étendre la protection des salaires et des conditions de travail, pas de les démanteler, écrit l'organisation.

Fausses affirmations

Johann Schneider-Ammann a balayé les critiques. L'emploi reste la priorité du Conseil fédéral et les salaires ne seront pas sacrifiés. Il faut investir pour que les conditions-cadres soient bonnes en Suisse et que les entreprises y investissent. Il n'y aura pas de démantèlement des mesures d'accompagnement et on ne touchera pas aux lignes rouges, a-t-il relevé. Quant aux affirmations sur l'ingérence de l'UE ou de la Cour européenne de la justice, elles sont infondées, selon lui.

Les deux représentants du PLR au Conseil fédéral sont dans le collimateur des syndicats depuis quelques semaines. Dans un entretien publié à la mi-juillet, Johann Schneider-Ammann a déclaré que la durée des huit jours n'était pas importante, préférant mettre l'accent sur la protection des salaires. Le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis a annoncé de son côté qu'il était prêt à discuter avec l'UE sur la garantie de la protection des travailleurs.

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