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Libération exigée des manifestants arrêtés au Nicaragua

Des milliers de catholiques se sont rassemblés dimanche à la cathédrale de Managua, au Nicaragua.

KEYSTONE/EPA EFE/JORGE TORRES

(sda-ats)

Des milliers de catholiques se sont rassemblés dimanche à la cathédrale de Managua. Ils se sont mobilisés pour soutenir leurs évêques et exiger la libération de centaines de personnes détenues à la suite des manifestations contre le gouvernement de Daniel Ortega.

Ils ont notamment exprimé leur solidarité avec l'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez, qui a dénoncé cette semaine une campagne de dénigrement et de harcèlement de la part du gouvernement et de ses partisans.

Silvio Baez, critique envers le gouvernement, a aussi indiqué avoir reçu des messages via Whatsapp contenant des insultes et des menaces, et noté la présence de véhicules suspects autour de sa maison. "Ami Silvio, le peuple est avec toi", ont scandé les paroissiens, qui arboraient aussi des pancartes proclamant "nous sommes tous Silvio Baez".

Dans son homélie, le prêtre Luis Herrera a cité les mots d'Oscar Arnulfo Romero, l'archevêque de Managua assassiné en pleine messe en 1980 par un commando d'extrême droite et récemment canonisé par le Vatican, pour évoquer la situation de crise que vit le Nicaragua depuis le 18 avril.

"Le problème n'est pas entre le gouvernement et l'Eglise, mais entre le gouvernement et le peuple. Dans cette situation, l'Eglise est avec le peuple et le peuple est avec l'Eglise", a déclaré le prêtre sous les applaudissements des paroissiens.

"Nous sommes avec Dieu"

A la fin de l'eucharistie, les participants ont crié en coeur "justice", "liberté" pour demander la libération des détenus arrêtés lors des manifestations, quelque 500 personnes selon les organisations des droits de l'Homme.

Les participants ont lâché des ballons bleus, jaunes et blancs qui se sont élevés des abords de la cathédrale. Ils ont aussi laissé des croix portant le nom de plus de 320 personnes tuées au cours des violences survenues dans le pays depuis six mois.

Pendant ce rassemblement dans le périmètre de la cathédrale - dans le nouveau centre de la capitale - des dizaines de policiers anti-émeutes ont été déployés dans ses environs.

"Nous n'avons pas peur parce que nous sommes avec Dieu", a déclaré Dora, qui participait à l'hommage aux défunts. "Nous ne nous rendrons pas, nous allons continuer de manifester contre ce gouvernement", a dit une autre participante qui, par sécurité, a préféré rester anonyme.

Six mois

Les manifestations de l'opposition, qui ont commencé il y a six mois contre une réforme des retraites ensuite abandonnée, ont donné le coup d'envoi d'un mouvement pour réclamer le départ du président Ortega et de son épouse et vice-présidente Rosario Murillo.

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