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L'armée libanaise s'est déployée lundi dans les quartiers sunnites de Beyrouth. De son côté, le chef de l'opposition Saad Hariri a montré sa détermination à renverser le gouvernement de son rival Najib Mikati.

L'armée s'est déclarée "déterminée à rétablir la sécurité et préserver la paix civile" au Liban. Elle a indiqué avoir tué un Palestinien de vingt ans. Ce jeune homme avait ouvert le feu à l'arme légère lundi matin sur une patrouille dans le sud-ouest de la capitale.

Les soldats, à bord de transports de troupe, se sont déployés à Tariq al-Jdidé et dans les quartiers environnants, bastions des partisans de Saad Hariri. Toutes les routes ont été ouvertes dans la capitale, ont constaté les photographes de l'AFP.

Dans la nuit, les militaires avaient mené la traque contre des hommes armés, des rafales d'armes automatiques et le bruit des roquettes antichars se faisant entendre dans la ville.

Chrétiens divisés

A Tripoli, où le conflit syrien a déjà provoqué par ricochet des heurts sanglants entre partisans et adversaires de Damas, six personnes ont par ailleurs péri et une cinquantaine d'autres ont été blessées dans des affrontements entre le quartier sunnite de Tabbaneh et celui de Djebel Mohsen, majoritairement alaouite - la communauté du président syrien Bachar al-Assad. Une fillette de neuf ans a été tuée par un tireur embusqué.

Le Liban est un pays multiconfessionnel où chrétiens, sunnites et chiites représentent chacun un tiers de la population. Si la majorité des sunnites est hostile au régime de Bachar al-Assad, à l'inverse la majorité des chiites le soutient. La communauté chrétienne est divisée.

Dimanche, les funérailles d'un chef de la Sécurité libanaise, Wissan al-Hassan, un sunnite proche de Saad Hariri et bête noire de Damas, avaient dégénéré en manifestation violente contre M. Mikati: un dirigeant du courant de Hariri avait chauffé à blanc les manifestants en accusant le Premier ministre de couvrir ce "crime".

Même si le chef du gouvernement et plusieurs ministres sont sunnites, l'actuel cabinet est dominé par des alliés du Hezbollah chiite. Ce mouvement puissamment armé est proche de Damas et de Téhéran.

Guerre civile?

Dimanche soir, Saad Hariri a affiché sa détermination "à renverser le gouvernement de manière pacifique et démocratique", critiquant le soutien des pays occidentaux à M. Mikati. Craignant un embrasement, les ambassadeurs des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU ont appelé à "l'unité nationale".

Pour Ghassan al-Azzi, professeur de Sciences politiques à l'Université Libanaise, "Saad Hariri et ses partisans concentrent leurs attaques sur Najib Mikati car c'est un rival politique pour le poste de Premier ministre, et évitent de s'en prendre frontalement au Hezbollah, car cela se transformerait directement en affrontements entre sunnites et chiites".

"S'en prendre directement au Hezbollah signifie sans ambages être clairement en faveur de la guerre civile", a-t-il averti.

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ATS