Quelque 300 migrants sont toujours détenus dans le centre de Tajoura, près de la capitale libyenne Tripoli. Cela au lendemain d'un bombardement qui a fait plus de 44 morts et 130 blessés, selon le bureau de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Sur les plus de 600 migrants qui étaient dans le centre, "300 sont encore sur place". Ils bénéficient d'une assistance humanitaire de l'OIM, a affirmé Safa Msehli, chargé de communication au sein du bureau de cette organisation en Libye.

Mme Msehli n'était pas en mesure de confirmer des informations selon lesquelles des dizaines de migrants auraient pris la fuite mardi soir après le raid aérien.

Dans un communiqué, l'OIM a en revanche indiqué jeudi que ses équipes avaient "localisé" puis transféré à l'hôpital "un groupe de migrants blessés dans les quartiers environnants, après qu'ils ont quitté Tajoura suite à l'attaque".

"Souffrances intolérables"

"L'attaque de mardi soir a coûté la vie à des innocents, et toutes les parties doivent agir immédiatement", a déclaré le chef de mission de l'OIM en Libye, Othman Belbeisi, cité par le communiqué.

"Les souffrances des migrants en Libye sont devenues intolérables. Il doit être clair pour tous que la Libye n'est pas un endroit sûr et que des milliers de vies sont toujours en danger", a-t-il ajouté.

Washington bloque une condamnation

Le drame a provoqué mercredi un tollé international, mais les Etats-Unis ont empêché l'adoption par le Conseil de sécurité, réuni en urgence mercredi, d'une condamnation unanime sur cette attaque meurtrière.

Selon l'OIM, sur les plus de 600 migrants détenus à Tajoura, 187 étaient inscrits à son Programme de "retour volontaire". "L'OIM continue de demander la fin de la détention arbitraire et rappelle à toutes les parties que les civils ne sont pas une cible", a ajouté l'OIM, rappelant que quelque 3300 migrants sont encore détenus dans et autour de la capitale libyenne, dans des centres "considérés comme étant à risque".

Les agences de l'ONU et organisations humanitaires rappellent régulièrement leur opposition à ce que les migrants arrêtés en mer soient ramenés en Libye, en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 et où ils se retrouvent placés "en détention arbitraire" ou à la merci de milices.

Leur situation est devenue plus critique depuis le début de l'offensive militaire le 4 avril du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est libyen, pour conquérir Tripoli, siège du Gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU.

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