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Le contrat de la société de sécurité Argo 1 a été prolongé tacitement pendant plusieurs années (archives).

Keystone/KEYSTONE/TI-PRESS/GABRIELE PUTZU

(sda-ats)

La loi n'a pas été respectée dans l'attribution directe au Tessin, sans appel d'offres, de mandats dans le domaine de l'asile. Telle est la conclusion d'une commission parlementaire qui a examiné l'affaire rendue publique au début de l'année.

Une société de sécurité, Argo 1, était notamment responsable de la surveillance du centre cantonal de requérants d'asile à Camorino. Les procédures internes n'ont pas été respectées la concernant, a dit mardi devant la presse le président du Conseil d'Etat Manuele Bertoli (PS). Il présentait les résultats de l'enquête menée par la commission parlementaire.

Selon lui, la loi sur les offres publiques a été violée lors de l'attribution directe de mandats. Son collègue Paolo Belraminelli (PDC) a prolongé pendant plusieurs années tacitement le contrat de la société de sécurité Argo 1. Au total, elle a encaissé 3,4 millions de francs.

Manque d'échanges

Il n'y a eu aucune concertation entre Paolo Beltraminelli et les autres membres du gouvernement, a expliqué Manuele Bertoli: "Nous n'aurions pas donné notre accord". Le canton n'a pas subi de dommages financiers et il n'y a pas eu favorisation de tiers.

La commission a annoncé qu'elle allait auditionner ces prochaines semaines d'autres personnes du domaine de l'asile et du département tessinois des affaires sociales. Il s'agira de savoir pourquoi, dans une situation d'urgence, on a eu recours à une entreprise sans expérience et dépourvue de références.

En mars, Paolo Beltraminelli avait défendu ce choix. Le contact avec la société de surveillance, qui a changé trois fois de nom en quelques années seulement, a été fait par des employés du département des affaires sociales, a-t-il expliqué. Après une phase d'essai, le mandat a été prolongé tacitement.

Vaste rafle

Cette attribution sans appel d'offres est délicate car la société Argo 1 est au centre d'investigations contre le terrorisme. Lors d'une vaste rafle en février, le Ministère public de la Confédération et celui du Tessin avaient arrêté deux personnes dans le cadre de deux procédures distinctes.

La procédure cantonale vise le directeur de la société, âgé de 36 ans. Les soupçons les plus graves qui pèsent sur lui sont la séquestration et la violence envers au moins un requérant d'asile.

Un double national turco-suisse était en outre employé par l'entreprise. Il est soupçonné par la Confédération d'avoir recruté au Tessin des membres pour les organisations terroristes Al Qaïda et Etat islamique.

ATS

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