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Le président de la région Lombardie Roberto Maroni durant les opération de vote

KEYSTONE/EPA ANSA/MATTEO BAZZI

(sda-ats)

La Vénétie a réussi son pari dimanche en atteignant le quorum de 50% de participation pour un référendum visant à réclamer à Rome davantage d'autonomie. Pour la même question, la Lombardie a eu plus de mal à mobiliser.

Alors que les bureaux de vote étaient ouverts jusqu'à 23h00, la région Vénétie a annoncé en début de soirée une participation de 50,1% à 19h00. A la même heure, la mobilisation était de 30,5% en Lombardie, où aucun seuil n'est cependant nécessaire.

Longtemps passé inaperçu, ce scrutin purement consultatif et prévu par la Constitution italienne a pris une teinte particulière après le vote d'autodétermination de la Catalogne, bien que les enjeux restent sans commune mesure.

Nette avance au oui

Avant le scrutin, les sondages donnaient une nette avance au oui en Vénétie comme en Lombardie, où les électeurs doivent dire s'ils souhaitent que leur région dispose de "formes supplémentaires et conditions particulières d'autonomie", à négocier ensuite avec Rome.

"Je suis heureux que des milliers, j'espère des millions, d'électeurs de Vénétie et de Lombardie demandent une politique plus proche, plus concrète et efficace, moins de bureaucratie et de gâchis", a déclaré Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord (extrême droite), parti au pouvoir dans les deux régions et promoteur du référendum.

Plus d'argent et de compétences

La Lombardie et la Vénétie figurent parmi les régions les plus riches d'Italie, et contribuent à hauteur de 30% au PIB du pays. Elles sont aussi parmi les plus "vertueuses" en termes d'endettement, de dépenses publiques par habitant et du fonctionnement du système de santé.

Surtout, elles présentent à elles deux un solde fiscal - différence entre ce que les habitants versent en taxes et impôts et reçoivent au titre des dépenses publiques - de quelque 70 milliards d'euros.

Une somme colossale dont les présidents des régions Lombardie, Roberto Maroni, et Vénétie, Luca Zaia, membres de la Ligue du Nord, entendent réclamer la moitié à Rome, parallèlement à des compétences renforcées en matière d'infrastructures, de santé ou d'éducation.

Ils estiment en effet que les fonds publics sont mal gérés par l'Etat central et pourraient être utilisés de manière beaucoup plus efficace, y compris via des partenariats entre régions.

Pas comme la Catalogne

Contrairement à la Catalogne, ce référendum consultatif est prévu par la Constitution italienne et son importance est relativisée en Italie même: dimanche, c'est la Catalogne, et non pas le référendum local, qui faisait les gros titres en Italie.

Le scrutin du 1er octobre en Catalogne, jugé illégal par Madrid, "était pour l'indépendance, alors que la Lombardie et la Vénétie demandent plus d'autonomie. Attention, donc, à ne pas interpréter les référendums de dimanche comme étant l'amorce d'une saison indépendantiste", a expliqué le président du Parlement européen, l'Italien Antonio Tajani.

Galop d'essai

La Ligue du Nord elle-même a relégué aux oubliettes les velléités indépendantistes de ses jeunes années. Mais les vrais indépendantistes, très minoritaires, soutiennent le référendum, qu'ils voient comme un galop d'essai.

En Vénétie, une identité forte autour de Venise, qui a été indépendante pendant un millénaire, ainsi que le tissu économique composé de multiples petites entreprises ont permis de mobiliser la population. En Lombardie, en revanche, le scrutin n'a guère passionné.

La consultation avait le soutien de Forza Italia de Silvio Berlusconi (centre droit), du Mouvement Cinq étoiles (populiste) et de plusieurs syndicats et organisations patronales.

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ATS