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La Suisse doit éviter à tout prix "une désindustrialisation rampante", a mis en garde mardi à Rolle (VD) Johann Schneider-Ammann. Le conseiller fédéral a passé en revue les défis de la place économique helvétique devant le Club des 100.

Ce groupe réunit les entreprises qui paient le plus d'impôts au fisc vaudois. Parmi les nombreux sujets abordés, le chef du Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) a mis en exergue l'importance de l'industrie. "Ce qui m'inquiète le plus, c'est une désindustrialisation rampante de la Suisse."

Pour l'emploi

"Perdre dix places de travail par-ci et une douzaine par-là dans le cadre de délocalisations qui ne disent pas leur nom, cela peut se cumuler en milliers d'emplois perdus. Or, en tant que ministre de l'économie, les places de travail sont au centre de mes préoccupations", a affirmé Johann Schneider-Ammann.

Dans ce contexte, le ministre a promis de se battre afin de maintenir l'attrait des conditions cadres suisses. Après le vote du 9 février 2014 sur l'immigration de masse, le gouvernement doit certes respecter le vote du souverain, mais aussi mettre en oeuvre ce vote "tout en préservant les accords bilatéraux" avec l'Union européenne (UE).

Merkel très claire

Ces accords sont "centraux pour la prospérité de notre pays". Ceux qui le contestent "jouent avec le feu", a relevé Johann Schneider-Ammann. Le Bernois n'a pas caché que sa préférence irait à "une forme ou une autre de clause de sauvegarde" avec l'UE sur ce dossier.

Devant l'assemblée, Johann Schneider-Ammann a évoqué la récente visite de la chancelière allemande à Berne. Quatre conseillers fédéraux ont défendu auprès d'Angela Merkel les intérêts de la Suisse après le vote du 9 février.

Aux Suisses de proposer

La chancelière a été "très diplomate et très claire". "La balle est dans le camp suisse" qui doit faire des propositions et amener des solutions acceptables, a souligné avec gravité Johann Schneider-Ammann.

Pour conserver l'attrait de la Suisse, le conseiller fédéral a aussi insisté sur la réforme de la fiscalité des entreprises (RIE III) et en particulier sur le niveau d'imposition unique qui sera retenu. "C'est clair: le taux d'imposition final sera décisif pour juger de l'attractivité de notre place économique."

Financer l'innovation

Enfin, le ministre de l'économie a plaidé en faveur de meilleurs encouragements et soutiens pour les start-up. "Une des faiblesses de la plate-forme suisse de l'innovation, c'est le financement." Trop souvent, les jeunes doivent partir à l'étranger pour trouver le capital nécessaire afin de lancer des entreprises commercialement viables, a-t-il déploré.

Pour sa part, le conseiller d'Etat vaudois Pascal Broulis s'est félicité de la vitesse à laquelle canton de Vaud traite le dossier RIE III, puisque le matin même le Grand Conseil avait voté le projet en premier débat. "Nous donnons un cadre légal et fiscal implacable" sur cette thématique, a-t-il déclaré.

No comment

Le canton s'est en outre plaint de la raideur de la conseillère fédérale Doris Leuthard et de ses services concernant l'application de la loi sur l'aménagement du territoire (LAT). "Nous avons un gouvernement magnifique et nous ne commentons pas en public l'action de nos collègues", a rétorqué Johann Schneider-Ammann en assurant qu'il luttait pour des conditions cadres aussi libérales que possible.

ATS