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Macron et Merkel affichent leurs différences sur la zone euro

Angela Merkel et Emmanuel Macron en conférence de presse: le président français n'aura guère reçu d'encouragements de la part de la chancelière allemande.

KEYSTONE/EPA GETTY IMAGES POOL/CARSTEN KOALL / POOL

(sda-ats)

Emmanuel Macron est venu jeudi à Berlin réclamer davantage de "solidarité" financière en zone euro dans le cadre de son projet de refondation de l'Europe. Mais il n'a pu obtenir qu'une réponse très réservée d'Angela Merkel.

"Sur le plan économique et monétaire, nous devons mieux réarticuler responsabilité et solidarité" entre Etats, a déclaré à la presse le chef de l'Etat français aux côtés de la chancelière allemande.

En clair: ne pas seulement donner la priorité aux mesures punitives, comme le contrôle des déficits et de la dette, mais aussi à des mécanismes d'entraide et de soutien à la croissance.

Emmanuel Macron voit aujourd'hui son projet de refondation de l'Europe suite à la montée des populismes contrarié par des blocages allemands, notamment sur la zone euro où Berlin redoute de devoir payer pour les autres pays.

Macron: un budget pour la zone euro

Concrètement, la France appelle de ses voeux la création d'un budget autonome pour soutenir les investissements et la croissance ou la création d'un poste de ministre des Finances de l'Union monétaire.

Après être restée silencieuse pendant des mois en raison d'une crise politique dans son pays, Angela Merkel se fait désormais entendre sur le sujet depuis qu'elle est parvenue à constituer un gouvernement en mars. Et elle le fait pour marquer sa différence, à un moment où elle est sous pression croissante de son parti conservateur qui lui demande de ne rien lâcher.

La chancelière a ainsi insisté jeudi sur la nécessité pour les gouvernements de faire des "efforts nationaux", des économies budgétaires et des réformes pour rendre leurs économies plus compétitives.

"Compétitivité nécessaire"

"Nous sommes d'accord qu'il y a besoin de solidarité en Europe mais aussi que la compétitivité est nécessaire", a-t-elle dit.

Alors que M. Macron a qualifié la refonte de la zone euro comme "le coeur" de son projet, Mme Merkel n'a mentionné le sujet qu'en dernier dans sa liste de réformes nécessaires en Europe, après une politique migratoire ou une politique étrangère communes.

"Je pense que nous apportons d'autres éléments" que ceux de la France dans la discussion, a-t-elle dit, "mais je pense que la somme de nos propositions pourra permettre au final d'arriver à un bon résultat".

Berlin et Paris ont en effet pour objectif de présenter une feuille de route commune pour des réformes de l'Europe post-Brexit en juin en vue d'un sommet européen sur le sujet.

Banques: assainir au niveau national

Un des chantiers les plus immédiats porte sur l'Union bancaire en Europe, un projet de gestion commune des faillites des banques suite à la crise de la dette en zone euro, dont M. Macron a rappelé que la France souhaitait son accomplissement dès que possible.

Mais Angela Merkel a réitéré le refus de son pays de mettre en oeuvre dans l'immédiat le troisième et très important pilier de ce projet: la création d'un fonds européen de garantie bancaire des dépôts des particuliers.

"Il ne faut pas que l'épargnant allemand se retrouve garant des banques grecques et italiennes", a averti cette semaine un des experts du dossier au sein de son parti conservateur, Eckhardt Rehberg.

Berlin demande que les banques de tous les pays de la zone euro, principalement en Italie ou en Grèce, soient assainies au niveau national avant d'envisager une garantie européenne commune.

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