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Le président malien par intérim a nommé mardi le médiateur de la République Django Sissoko au poste de Premier ministre, selon un décret lu par la télévision publique malienne ORTM. Cheick Modibo Diarra avait été contraint dans la journée à la démission après avoir été arrêté par des soldats à Bamako.

Peu avant la publication de ce décret, le président Dioncounda Traoré avait annoncé qu'il avait accepté la démission de M. Diarra et nommerait son remplaçant "dans les 24 heures", indiquant que le nouveau gouvernement serait connu "d'ici à la fin de la semaine".

Le porte-parole de l'ancienne junte, Bakary Mariko, avait auparavant démenti tout "coup d'Etat". Il a reproché à M. Diarra de ne pas avoir agi en "homme de devoir" face à la crise au Mali, mais en fonction d'"un agenda personnel".

La démission forcée de M. Diarra a été vivement condamnée à l'international, notamment par le Conseil de sécurité des Nations unies, la France et les Etats-Unis. L'ONU a renouvelé ses menaces de "sanctions ciblées" contre les ex-putschistes.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré lui "troublé" par le coup de force au Mali, dont le Nord est aux mains d'islamistes armés, et a "appelé une nouvelle fois à la fin de l'ingérence des militaires dans la politique".

La cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, avait souhaité avant l'annonce de M. Traoré un nouveau Premier ministre "consensuel" et a appelé l'armée "à cesser d'interférer dans la vie politique".

Des voix se sont élevées également au Mali, où le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR) a dénoncé une démission qui "rompt avec les règles du bon fonctionnement d'un Etat". Le FDR est une coalition d'une quarantaine de partis opposés au coup d'Etat du 22 mars au Mali et favorables à une intervention militaire africaine dans le pays.

Militaires de l'UE début 2013

Ce nouveau coup de force des ex-putschistes est intervenu au lendemain de la décision de l'UE d'envoyer dans le pays 400 militaires début 2013 pour constituer l'armée malienne en vue de la reconquête du nord du pays, occupé depuis huit mois par des islamistes armés.

Le nord du Mali est contrôlé depuis fin juin par trois groupes islamistes armés: Ansar Dine, mouvement essentiellement composé de Touareg maliens, et les jihadistes surtout étrangers d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO).

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ATS