Toute l'actu en bref

Le gouvernement turc reproche à la Suisse d'avoir autorisé une manifestation "où des symboles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) étaient affichés".

KEYSTONE/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

Le ministère public d'Istanbul a ouvert une procédure judiciaire pour une banderole controversée brandie lors d'une manifestation anti-Erdogan samedi à Berne. Cette affiche fait aussi l'objet d'une procédure pénale du Ministère public régional Berne-Mitteland.

La banderole controversée montrait le président turc Recep Tayyip Erdogan visé par un pistolet, avec le slogan "Kill Erdogan with his own weapons" (Tuez - ou tue - Erdogan avec ses propres armes). Elle avait été introduite dans la manifestation par un groupe d'autonomistes de gauche.

Le ministère public d'Istanbul enquêtera sur les délits d'"appartenance à une organisation terroriste", "offense au président" et "propagande pour une organisation terroriste", a précisé lundi l'agence officielle turque Anadolu.

Le gouvernement turc reproche à la Suisse d'avoir autorisé une manifestation "où des symboles du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) étaient affichés". La Turquie, l'Union européenne et les Etats-Unis considèrent le PKK comme un mouvement terroriste, mais pas la Suisse.

Ambassadeur convoqué

Ankara a convoqué dimanche l'ambassadeur suisse Walter Haffner dans le cadre de l'affaire, exigeant que les responsables rendent des comptes. M. Haffner a indiqué que les autorités turques seraient informées du résultat de l'enquête en Suisse.

Le Ministère public régional bernois a ouvert une procédure pénale pour appel public au crime ou à la violence. La police avait remarqué la banderole lors de la manifestation et immédiatement ouvert une enquête.

Le directeur de la sécurité de la Ville de Berne, Reto Nause (PDC), a fait savoir dimanche à l'ats qu'une plainte serait déposée, car les conditions fixées dans l'autorisation de manifester n'ont pas été respectées.

Pour le respect de l'Etat de droit

Des associations kurdes, le PS et les Verts notamment, avaient appelé à la manifestation, qui s'est déroulée dans le calme. Ils étaient soutenus par une trentaine d'organisations dont l'Union syndicale suisse, Terre des Hommes Suisse ou le groupe pour une Suisse sans armée. Les manifestants demandaient la liberté, le respect de l'Etat de droit et plus de démocratie en Turquie.

Les organisateurs de ce rassemblement ont pris dimanche leurs distances par rapport à la banderole.

ATS

 Toute l'actu en bref