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En tournée en Europe, Aung San Suu Kyi a rencontré la reine Elizabeth II et le prince William vendredi à Londres (archives).

KEYSTONE/AP POOL Press Association/JOHN STILLWELL

(sda-ats)

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi s'est vue attribuer une distinction honorifique par la City de Londres lundi. Des manifestants protestaient à proximité contre le sort réservé à la minorité musulmane Rohingya.

Au cours d'une cérémonie organisée à Guildhall, majestueux bâtiment médiéval, Aung San Suu Kyi a reçu le Prix honoraire de la liberté, plus haute distinction personnelle accordée par le comité politique de la City of London. Cet organisme administre le coeur historique et financier de la capitale britannique.

Ce prix vient saluer sa "lutte non-violente menée pendant de nombreuses années en faveur de la démocratie, et son dévouement constant pour créer une société où les gens peuvent vivre libres, en paix et en sécurité", a précisé la City of Londres dans un communiqué.

"Les Rohingyas meurent"

Tandis que la dirigeante birmane recevait son prix, une quarantaine de manifestants s'étaient rassemblés à l'extérieur du bâtiment, aux cris de "Suu Kyi ment, les Rohingyas meurent".

"C'est très choquant, c'est très inquiétant", a déclaré Ahmed Mabrur, fondateur et directeur de l'ONG Restless Beings à un journaliste de l'AFP. "Maintenant qu'elle a du pouvoir et du contrôle, elle nie les viols, elle nie le nettoyage ethnique et elle nie le génocide qui se déroule dans son propre pays".

Les manifestants brandissaient également des pancartes exigeant la "libération de tous les prisonniers politiques" en Birmanie, et l'"arrêt des incendies par les militaires des villages Rohingyas". Traités comme des étrangers en Birmanie, les Rohingyas sont apatrides même si certains vivent dans le pays depuis des générations.

Aung San Suu Kyi avait reçu le prix Nobel de la paix en 1991 et est arrivée au pouvoir il y a un an. Dans un entretien à la BBC début avril, elle avait rejeté les accusations de nettoyage ethnique, alors que l'ONU a lancé une enquête sur des exactions commises contre cette minorité imputées à l'armée.

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ATS