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Les protestataires, vêtus d'une combinaison blanche, se sont postés au bord du gigantesque cratère formé par la mine de lignite à ciel ouvert de Hambach.

KEYSTONE/AP dpa/HENNING KAISER

(sda-ats)

Quelque 200 manifestants sont venus dimanche dénoncer l'impact du charbon sur le climat, dans une mine proche de Bonn, l'ex-capitale allemande. La 23e conférence de l'ONU sur les changements climatiques s'y ouvre lundi.

Après une longue marche à travers un no man's land, les protestataires, vêtus d'une combinaison blanche, se sont postés au bord du gigantesque cratère formé par la mine de lignite à ciel ouvert de Hambach. Sous les yeux des policiers, postés notamment autour d'une excavatrice de plus de 200 m de long ("les plus grandes au monde" souligne le site de la mine), ils ont déployé leurs pancartes "Bienvenue à la COP23" et "Brûlons les frontières, pas le climat".

"La lignite est l'une des énergies fossiles les plus polluantes", pour l'air comme pour le climat, souligne le mouvement anti-charbon allemand "Ende Gelande", à l'origine de cette action, accompagné pour l'occasion de militants venus d'Océanie.

"Sur la scène internationale, politiciens et corporations se présentent comme des sauveurs du climat quand, à quelques km, le climat part littéralement en fumée", dénonce Janna Aljets, porte-parole de la campagne.

Pour rester sous 2°C

Située à une cinquantaine de km à l'ouest de Bonn, en Rhénanie du Nord-Westphalie, la mine de lignite visée dimanche appartient au groupe allemand RWE.

Selon RWE, la mine, ouverte en 1978, est aujourd'hui profonde de 370 mètres: le site de 85 km2, dont près de la moitié est exploitée, contient au total 2,5 milliards de tonnes de lignite allant jusqu'à 450 m de profondeur. Quarante millions de tonnes en sont extraites chaque année.

Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le charbon rejette 45% des émissions mondiales de CO2 liées au secteur énergétique, auxquelles s'ajoutent autres gaz à effet de serre et particules fines.

Le monde n'en a jamais brûlé autant depuis le début de la Révolution industrielle. Après avoir atteint 4% par an entre 2000 et 2013, la croissance de la demande mondiale devrait seulement ralentir sur la période 2015-2021, selon les prévisions de l'AIE.

Or, selon l'ONU, 80 à 90% des réserves de charbon devront rester sous terre si le monde veut tenir son objectif, fixé par l'accord de Paris, de rester sous 2°C de réchauffement.

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ATS