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Près de 6000 personnes ont manifesté lundi soir à Chemnitz, en scandant notamment "les étrangers dehors".

KEYSTONE/EPA/FILIP SINGER

(sda-ats)

"La haine dans la rue" n'a pas sa place en Allemagne, a mis en garde mardi la chancelière Angela Merkel. L'inquiétude grandit dans le pays après les incidents survenus à Chemnitz lors de manifestations d'extrême droite contre les étrangers.

"Ce que nous avons vu n'a pas sa place dans un Etat de droit", a déclaré la chancelière allemande lors d'une conférence de presse à Berlin avec son homologue croate. "Nous avons vu des chasses collectives, nous avons vu de la haine dans la rue, et cela n'a rien à voir avec un Etat de droit", a-t-elle insisté.

Des sympathisants d'extrême droite ont organisé dimanche des "chasses" contre les étrangers dans les rues de cette ville d'ex-RDA. Et lundi soir des violences ont marqué un nouveau rassemblement d'environ 6000 d'entre eux - dont plusieurs ont défilé en faisant le salut hitlérien.

Une vingtaine de personnes, dont deux policiers, ont été blessées dans des heurts avec des contre-manifestants d'extrême gauche, selon la police locale. Une nouvelle manifestation, prévue mardi après-midi à Dresde cette fois, n'a en revanche rencontré que peu d'écho.

République de Weimar

"Bien sûr l'Histoire ne repasse pas les plats. Mais lorsque des foules excitées d'extrême droite créent de l'agitation au coeur de l'Allemagne et que l'Etat de droit est dépassé par les événements, cela rappelle un peu la situation de la République de Weimar", estime mardi le magazine Der Spiegel, sur son site internet.

L'élément déclencheur est la mort, ce week-end, d'un Allemand de 35 ans tué à coups de couteau durant une rixe. La police a arrêté deux suspects, un Syrien et un Irakien d'une vingtaine d'années accusés d'avoir agi après une "altercation verbale".

Depuis, les franges les plus radicales de la région mobilisent l'opinion contre l'immigration et la politique du gouvernement Merkel, à qui il reproche d'avoir laissé entrer plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015 et 2016.

Le chef du gouvernement régional, Michael Kretschmer, a mis en garde contre les fausses rumeurs affirmant que l'homme a été tué en essayant de protéger une femme.

Alliance explosive

Fers de lance de ces initiatives: le mouvement ultra anti-islam Pegida, né dans cette région, et l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), principal parti d'opposition au parlement. Mais pas seulement.

"A Chemnitz, une alliance assez incroyable mêlant des hooligans, des néonazis, l'AfD et les militants de Pegida s'est constituée. Les violences montrent que des mouvements se réunissent qui au final sont tous issus du même moule, le tout dans une atmosphère extrêmement xénophobe et agressive", a estimé la directrice de la Fondation Amadeu Antonio contre le racisme sur la chaîne n-tv.

Selon la police, les hooligans et extrémistes se sont mobilisés via les réseaux sociaux et sont venus aussi d'autres régions, comme le Brandebourg ou la Bavière.

Soutien fédéral

Dans ce contexte, le gouvernement fédéral s'est dit prêt à aider la police de Saxe à assurer l'ordre public. "La police du Land de Saxe est dans une situation difficile. Si on le lui demande, le gouvernement fédéral est prêt à lui apporter son soutien", a déclaré le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer.

Ce dirigeant conservateur bavarois a jugé "compréhensible" la colère publique après la mort, mais a souligné que les actes de violence ou les appels à la vengeance étaient inadmissibles.

Le parti social-démocrate (SPD), membre de la coalition gouvernementale, s'est pour sa part inquiété du raidissement idéologique au plan national, mais aussi international.

Pour le chef de la diplomatie Heiko Maas, l'extrémisme de droite représente "une menace pour la cohésion de nos sociétés". Nous devons tout faire pour défendre (...) la démocratie et la liberté, pas seulement à Chemnitz, mais partout dans le monde".

Josef Schuster, le chef du Comité central des Juifs en Allemagne, a lui aussi exprimé ses inquiétudes, jugeant que "chaque citoyen avait le devoir de s'élever contre les mouvances d'extrême droite".

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ATS