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Plusieurs dizaines de milliers de Péruviens ont manifesté mardi aux cris de "Plus jamais ça!" contre la candidature de Keiko Fujimori à l'élection présidentielle de dimanche prochain. Les rassemblements coïncidaient avec le 24e anniversaire du coup d'Etat de son père.

Alberto Fujimori purge aujourd'hui une peine de 25 ans de prison pour corruption et crime contre l'humanité. Sa fille Keiko, 40 ans, est créditée d'une confortable avance dans les intentions de vote mesurées par les instituts de sondage, mais ne devrait pas être en mesure de l'emporter dès le premier tour.

Dimanche dernier, elle s'est engagée par écrit à respecter les droits de l'homme, la liberté de la presse et les institutions démocratiques si elle est élue. "Je sais comment regarder l'histoire de mon pays, je sais quels sont les chapitres qui devraient être reproduits et je suis très claire sur ceux qui ne devraient jamais l'être", a-t-elle déclaré lors d'un débat électoral.

"Jamais plus de 5 avril", a-t-elle ajouté. Le 5 avril 1992, Alberto Fujimori, élu deux ans plus tôt, renversa son propre gouvernement avec l'aide de l'armée - les Péruviens parlent d''autogolpe', ou auto-coup d'Etat -, prononça la dissolution du Parlement et mit au pas la justice.

"Je ne la crois pas du tout"

A Lima, ils étaient au moins 30'000 mardi dans les rues à afficher leur refus de la candidature de sa fille. Et nombre d'entre eux ne prêtaient pas beaucoup de crédit à ses promesses. "Je ne la crois pas du tout", disait ainsi Rodolfo Lazo, un étudiant de 19 ans dont le tee-shirt s'orne d'un slogan sans équivoque: "Je suis jeune mais pas idiot."

Les manifestants ont également dénoncé la décision de la commission électorale qui a absous Keiko Fujimori d'accusations d'achats de voix. Face à la mobilisation, la candidate a suspendu sa campagne et annulé les manifestations de soutien prévues dans la journée.

Son parti, Force populaire (droite), a lancé des appels contre la violence. La manifestation de Lima s'est déroulée dans le calme, mais dans d'autres villes du pays, des incidents ont éclaté entre manifestants et contre-manifestants.

Keiko Fujimori, battue de justesse en 2011 par le président sortant Ollanta Humala, est une figure très polarisante de la classe politique péruvienne: d'après l'institut Ipsos, 45% des Péruviens affirment qu'ils ne voteront jamais pour elle.

Deuxième place disputée

Elle devrait néanmoins arriver en tête du premier tour dimanche avec un peu moins de 41% des intentions de vote, selon ce même sondage. Derrière, Veronika Mendoza, du Frente Amplio (gauche), et l'ancien Premier ministre Pedro Pablo Kuczynski, le favori des marchés, qui porte les couleurs du mouvement Péruviens pour le changement (PPK), se disputent la deuxième place.

Au second tour, Mendoza serait battue par Fujimori avec six points d'écart tandis que Kuczynski serait légèrement devant la candidate de Force populaire avec deux points d'écart. Ollanta Humala ne peut pour sa part briguer un nouveau mandat en vertu des règles constitutionnelles limitant l'exercice du pouvoir.

ATS