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Des centaines de manifestants ont été interpellés à Minsk lors d'une journée de mobilisation de l'opposition.

KEYSTONE/AP/SERGEI GRITS

(sda-ats)

La répression du mouvement d'une rare ampleur qui défie depuis plusieurs semaines le président du Bélarus Alexandre Loukachenko s'est encore durcie samedi. Des centaines de manifestants ont été interpellés à Minsk lors d'une journée de mobilisation de l'opposition.

Les forces de l'ordre ont arrêté plusieurs dizaines de personnes, en frappant certaines, au moment où elles tentaient de se rassembler sur une place de la capitale de l'ex-république soviétique, placée sous haute surveillance policière. Empêchées de s'y rendre, un millier de personnes ont alors marché en direction du centre-ville, scandant "Honte!", avant d'être dispersées et pour nombre d'entre elles emmenées par les policiers.

"Près de 1000" interpellations ont eu lieu dans la journée, a déclaré le directeur de l'organisation de défense des droits de l'Homme Viasna Ales Beliatski.

Il était cependant difficile de déterminer le nombre exact d'arrestations, faute d'informations de la part de la police et dans la mesure où des dizaines de membres de Viasna, organisation qui les comptabilise d'habitude, ont eux-mêmes été arrêtés le temps de la manifestation.

Taxe en cause

Le président Loukachenko, qui dirige le Bélarus sans partage depuis 23 ans, est confronté depuis plusieurs semaines à un mouvement sans précédent depuis plusieurs années après l'introduction d'une nouvelle taxe visant les chômeurs.

Après s'être montré ouvert au compromis, il a haussé le ton cette semaine, dénonçant la préparation de "provocations armées" depuis l'étranger. Des dizaines d'arrestations ont eu lieu durant les jours précédant la manifestation de samedi, interdite, tranchant avec la détente observée depuis un an et demi sur fond de rapprochement avec les Occidentaux.

Avant même le début du rassemblement, la police antiémeute a fait irruption dans les locaux de Viasna. Selon l'organisation, "il y a eu 57 arrestations, y compris des observateurs étrangers", relâchés après la dispersion de la manifestation.

"On nous a mis sur le sol, ils ont pris quelques téléphones", puis "ils nous ont mis dans un minibus et dans une salle de sport", a raconté une membre franco-bélarusse de l'ONG Front Line Defenders, après avoir été relâchée. Selon cette activiste, il y a eu "sans doute plusieurs centaines" d'interpellations, ce qui constitue une répression sans précédent depuis celle contre les manifestations suivant la présidentielle de 2010.

Silence des médias d'Etat

Se disant témoin d'"usage excessif de la force", Amnesty International a réclamé la libération "immédiate et inconditionnelle" de toutes les personnes interpellées.

L'opposant et poète Vladimir Nekliaïev a lui été interpellé de son côté à la frontière de Pologne, d'où il venait en train pour s'exprimer au rassemblement de Minsk.

Plusieurs journalistes ont été arrêtés à Minsk et à Gomel (sud-est), selon l'Association des journalistes du Bélarus. Une équipe de la chaîne d'opposition Belsat, basée en Pologne, a vu sa caméra cassée.

Minsk avait été placée sous haute sécurité avec des policiers patrouillant avec des armes automatiques, ce qui n'était plus arrivé depuis des années. Les médias d'Etat gardaient eux le silence samedi soir sur les événements de la journée.

ATS

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