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Les supporters du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) cherchent à mettre fin au pouvoir du Premier ministre et l'accuse d'être de plus en plus répressif et corrompu.

KEYSTONE/EPA/KITH SEREY

(sda-ats)

Des milliers de personnes ont participé samedi à Phnom Penh à des manifestations de l'opposition ainsi que de partisans du Premier ministre Hun Sen, avant des élections locales du 4 juin. Ce scrutin servira de test en vue des législatives prévues en 2018.

Le chef du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) Kem Sokha a assuré aux manifestants qu'un changement politique se profilait. "Nous avons surmonté des obstacles et des orages (...) mais le CNRP a réussi à survivre et il progresse", a-t-il déclaré sous les acclamations de ses partisans.

Kem Sokha a pris la direction du CNRP en mars après la démission de Sam Rainsy, exilé en France depuis novembre 2015 pour se soustraire à un mandat d'arrêt lancé contre lui.

Le Parti du peuple cambodgien (CPP) du Premier ministre Hun Sen a parallèlement organisé une manifestation dans la capitale qui a également attiré des milliers de personnes.

Au pouvoir depuis trois décennies

Les élections du 4 juin sont prévues dans plus de 1600 communes. L'opposition cherche à mettre fin au pouvoir du Premier ministre et l'accuse d'être de plus en plus répressif et corrompu.

Mais Hun Sen, ex-combattant Khmer rouge au pouvoir depuis 1985, lui a coupé les ailes en multipliant les poursuites judiciaires contre l'opposition qui avait réussi une poussée aux législatives de 2013. Le CNRP avait affirmé avoir perdu en raison d'une manipulation du vote, une affirmation rejetée par Hun Sen.

Le Premier ministre se targue d'être une force stabilisatrice dans ce pays qui continue de se remettre des horreurs du génocide Khmer rouge. Son parti s'est gagné le soutien de nombreux Cambodgiens plus âgés redoutant qu'un changement politique rouvre de vieilles blessures et ébranle une économie en plein essor.

Une bonne performance du CNRP aux élections de juin constituerait "une onde de choc" pour le parti au pouvoir, estime Sebastian Strangio, expert de la politique cambodgienne et auteur d'un ouvrage sur Hun Sen.

"Le CPP risque de perdre le contrôle du niveau local de gouvernement qu'il exerce depuis la chute des Khmers rouges en 1979", observe-t-il. En revanche, une piètre performance du CNRP pourrait présager d'un échec aux législatives l'an prochain.

ATS

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