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Mardi, au moins un bus et un camion ont été également brûlés dans le township d'Atteridgeville à Pretoria en Afrique du Sud.

KEYSTONE/AP

(sda-ats)

Une vingtaine de véhicules ont été incendiés et des routes bloquées par des pierres et des pneus en feu dans la capitale sud-africaine Pretoria lundi et mardi. Les manifestants protestent contre la nomination d'une candidate à la mairie pour les municipales du 3 août.

Des habitants de Tshwane, la municipalité qui englobe Pretoria, sont descendus dès lundi après-midi dans la rue pour dénoncer la décision du Congrès national africain (ANC) de parachuter Thoko Didiza comme candidate à la mairie, au lieu de reconduire l'édile sortant Kgosientso Ramokgopa.

Dix-neuf bus ont été incendiés lundi soir à Mamelodi, le plus grand township de Tshwane, selon le ministère des Transports. Mardi, au moins un bus et un camion ont été également brûlés dans le township d'Atteridgeville, a constaté un photographe de l'AFP.

"La foule a jeté des pierres et des cocktails molotov sur un bus. Nous avons couru car les pneus commençaient à exploser", a raconté un résident de Mamelodi, Zulu Madikwa.

Arrestations

Lors d'une conférence de presse, la ministre de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula a dénoncé, dans des termes forts, ces actes de violence. "Il s'agit de la capitale et nous n'allons pas laisser des anarchistes, des hooligans et des gangsters (...) la transformer en zone d'anarchie", a-t-elle déclaré, ajoutant que pour l'heure l'armée n'avait pas été déployée.

La police a procédé à "plusieurs arrestations" et des suspects seront déférés "peut-être dès mercredi" devant la justice, a-t-elle précisé.

De son côté, la police a indiqué avoir ouvert une enquête sur une affaire de meurtre et la destruction de biens. Le ministre de la sécurité de l'Etat, David Mahlobo, a confirmé la mort d'une personne. Selon les médias locaux, il s'agit d'un partisan de l'ANC, mortellement blessé par balle dimanche à Pretoria en marge d'une réunion du parti sur la nomination de la candidate contestée.

La principale autoroute du pays, la N1, a aussi été partiellement fermée mardi alors que des manifestants jetaient des pierres sur des véhicules.

"Bataille entre deux factions"

Le secrétaire général de l'ANC, Gwede Mantashe, a rapidement dédouané son parti, affirmant mardi que les incidents relevaient purement de la "violence" et non de la politique.

"Au centre de ces manifestations à Tshwane, on retrouve une bataille entre deux factions" de l'ANC, a cependant expliqué à l'AFP Prince Mashele, coauteur du livre "La Chute de l'ANC". "Thoko Didiza a été imposée dans une tentative désespérée (de la direction du parti) d'éteindre le feu" entre les factions, a-t-il ajouté.

L'ANC contrôle la vie politique sud-africaine depuis la chute officielle du régime ségrégationniste d'apartheid en 1994. Mais le parti de Nelson Mandela pourrait encaisser des déconvenues lors des municipales, alors que le président Jacob Zuma, leader de l'ANC, accumule les déboires.

Résultat serré

Selon un sondage réalisé la semaine dernière par Ipsos South Africa, les élections seront particulièrement serrées dans plusieurs grandes métropoles du pays. Dans cette étude d'opinion, le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique, qui détient déjà la ville du Cap, devance l'ANC à Port Elizabeth (sud-est) et à Pretoria, et talonne le parti au pouvoir à Johannesburg.

Des violences similaires à celles de Tshwane ont éclaté début juin à Durban (est), la capitale de la province du KwaZulu-Natal, d'où est originaire le président Zuma.

ATS