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Des milliers de personnes défilaient samedi à Mexico aux côtés des parents des 43 étudiants disparus pour marquer l'an un d'une tragédie qui a suscité une émotion internationale. Le président Enrique Peña Nieto a assuré aux familles que l'enquête se poursuivait.

"Ils les ont emmenés vivants, nous les voulons vivants !" criaient les manifestants de cette "marche de l'indignation", partie des abords de la résidence présidentielle de Los Pinos en direction de la place du Zocalo, dans le centre historique de Mexico.

"Crime d'Etat", "Dehors Peña (Nieto)" pouvait-on lire sur certains panneaux brandis par les manifestants, qui défilaient derrière les parents des 43 disparus. "Nous sommes venus avec une soif de justice, il ne peut y avoir d'impunité. Derrière les 43, il y a des milliers de disparus", a indiqué une étudiante de l'Université nationale autonome de Mexico. "Le Mexique est triste car il lui manque plus de 20'000 de ses enfants", lisait-on sur une pancarte.

Les parents, venus de l'Etat du Guerrero (sud) déchiré par les violences, sont arrivés mercredi dans la capitale où ils ont mené une grève de la faim de 43 heures. Le président mexicain les a reçus. "Nous sommes du même côté", leur a-t-il déclaré. "Nous cherchons ensemble la vérité."

Unité spéciale

Le président Enrique Peña Nieto a ordonné la création d'une unité spéciale chargée d'enquêter sur les nombreuses disparitions dans le pays, plus de 20'000 selon les chiffres officiels. Mais les parents, qui ont remis une liste de huit exigences, ont exprimé leur déception et se sont engagés à continuer à mettre la pression sur le gouvernement. "Nous n'allons pas nous reposer, nous serons un caillou dans sa chaussure", a déclaré une mère d'un des étudiants.

Les familles exigent notamment des autorités judiciaires qu'une unité spéciale uniquement dédiée au cas des 43 étudiants soit constituée et placée sous supervision internationale.

Les élèves-enseignants de l'école d'Ayotzinapa ont disparu dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014 alors qu'ils se rendaient à Iguala, dans le sud, pour s'emparer d'autobus et collecter de l'argent avant une manifestation dans la capitale. Ils ont alors été attaqués par des policiers municipaux d'Iguala qui ont tué trois d'entre eux avant de les livrer au cartel de la drogue Guerreros Unidos. Ce dernier les aurait tués avant de les incinérer dans une décharge.

Voie sans issue

Les restes d'un étudiant ont pu être identifiés grâce à son ADN par un laboratoire autrichien et les autorités ont annoncé la semaine dernière avoir "possiblement" identifié les restes d'un deuxième disparu. Des responsables ont annoncé vendredi que 60'000 autres fragments d'os étaient actuellement examinés.

Mais les parents ont toujours rejeté la version officielle et récemment un groupe d'experts indépendants de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a indiqué qu'il n'y avait pas de preuves que ces étudiants avaient été incinérés dans une décharge et demandé à ce que de nouvelles pistes soient explorées.

"Nous sommes dans une voie sans issue car il n'y aura jamais une version des faits qui sera acceptée par tous", commente Jose Antonio Crespo, expert politique au Centre de recherche et d'enseignement économiques (Cide). Le gouvernement "portera la marque négative" de ce drame jusqu'à la fin de son mandat en 2018, "comme ce fut le cas pour le gouvernement Gustavo Diaz Ordaz", ajoute M. Crespo, en référence au massacre d'étudiants survenu en 1968 lors d'une manifestation dans la capitale.

ATS