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Marine Le Pen inculpée pour avoir relayé des photos d'exactions de l'EI

Le Parlement européen avait levé l'immunité parlementaire de Marine Le Pen en mars 2017 à la demande de la justice française (archives).

Keystone/EPA/IAN LANGSDON

(sda-ats)

La présidente du parti français d'extrême droite Front national (FN), Marine Le Pen, a été inculpée jeudi pour la diffusion en décembre 2015 de photos d'exactions du groupe djihadiste Etat islamique sur Twitter. Il s'agit de sa seconde inculpation.

Mme Le Pen a été mise en examen (inculpée) pour "diffusion d'images violentes", a indiqué le parquet (ministère public) de Nanterre, dans la banlieue de Paris. En janvier, le député apparenté FN Gilbert Collard avait déjà été inculpé pour le même motif.

Il s'agit de la seconde inculpation de la leader de l'extrême droite française, par ailleurs poursuivie depuis fin juin 2017 dans l'affaire des assistants parlementaires européens pour "abus de confiance" et "complicité d'abus de confiance".

"Je suis mise en examen pour avoir dénoncé l'horreur de Daech (acronyme arabe de l'EI, ndlr). Dans d'autres pays, ça me vaudrait une médaille", a réagi la cheffe de file de l'extrême droite. "La persécution politique n'a même plus la limite de la décence", a-t-elle affirmé.

Un tollé

Le 16 décembre 2015, dans une France traumatisée par les attaques djihadistes à Paris et Saint-Denis du 13 novembre, Marine Le Pen avait tweeté des photos d'exactions de l'EI, en réponse à un journaliste qu'elle accusait d'avoir "fait un parallèle" entre l'EI et le FN. Evoquant un "dérapage inacceptable" et des "propos immondes", Mme Le Pen avait posté sur son compte trois photos mentionnant le journaliste avec le texte "Daech c'est ça!".

Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos. Quelques semaines après les pires attentats jamais commis en France (130 morts, des centaines de blessés), ces publications avaient immédiatement soulevé un tollé.

Deux informations judiciaires avaient été ouvertes, l'une visant Mme Le Pen et l'autre M. Collard. Dans ces procédures, la justice s'appuie sur un article du Code pénal punissant la diffusion d'"un message à caractère violent, incitant au terrorisme" lorsque ce message est "susceptible d'être vu ou perçu par un mineur". Ce délit est passible de 3 ans d'emprisonnement et 75'000 euros d'amende.

Immunités levées

Dans ce cadre, le Parlement européen avait levé le 2 mars 2017 l'immunité parlementaire de Mme Le Pen, alors eurodéputée. Cette dernière ayant été élue en juin au parlement français, elle bénéficiait d'une nouvelle immunité mais elle a été levée en novembre. Peu avant, le 27 septembre, ce même bureau avait levé l'immunité de M. Collard, député depuis 2012.

Les propos ayant suscité l'ire de Marine Le Pen dataient d'une émission, le matin du 16 décembre, d'un animateur vedette de la chaîne d'information BFMTV, Jean-Jacques Bourdin, qui interviewait le spécialiste du monde arabe Gilles Kepel.

Le journaliste avait déclaré: "Je voudrais revenir sur les liens... euh... entre Daech et le Front... enfin les liens, pas les liens directs entre Daech et le Front national, mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté... d'esprit, parce que l'idée pour Daech c'est de pousser la société française au repli identitaire".

Après les tweets de Mme Le Pen, M. Bourdin avait contesté avoir dit "que le FN était comme Daech" et jugé la réaction du parti "hystérique". Le lendemain, Mme Le Pen avait retiré l'une des photos après un communiqué indigné des parents de James Foley, "profondément choqués".

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