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Mark Zuckerberg reconnaît les "erreurs" de Facebook

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, s'es tdit "responsable de ce qui se passe" sur Facebook et a promis de permettre aux usagers de mieux contrôler l'usage de leurs données personnelles (archives).

KEYSTONE/EPA EFE/ALBERTO ESTEVEZ

(sda-ats)

Le patron de Facebook Mark Zuckerberg a reconnu mercredi des erreurs et promis de faire mieux après la révélation de l'utilisation indue de données personnelles de millions d'utilisateurs. Des plaintes collectives ont été déposées contre le réseau social.

Facebook "fait des erreurs", a indiqué M. Zuckerberg sur sa page, dans ses premiers commentaires sur cette affaire. Il s'est dit "responsable de ce qui se passe" sur Facebook et a promis de permettre aux usagers de mieux contrôler l'usage de leurs données personnelles.

"Il y a encore du travail et il faut se retrousser les manches et le faire", a-t-il ajouté. "Nous avons la responsabilité de protéger vos données et si nous ne pouvons pas le faire, nous ne méritons pas de vous servir", a-t-il aussi écrit, ajoutant que le groupe allait examiner de près les applications présentes sur Facebook pour s'assurer qu'elles n'abusent pas des données personnelles.

Une faille connue

Facebook est dans la tourmente depuis que la firme britannique Cambridge Analytica (CA) est accusée d'avoir récupéré sans leur consentement les données de 50 millions d'utilisateurs pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d'influencer le vote des électeurs, afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016.

CA aurait profité d'une application tierce, "Thisisyourdigitallife", développée par le chercheur russe Alexandr Kogan, pour récupérer ces données, exploitant, selon un ancien cadre de Facebook, une faille dont le réseau social était au courant.

"Quand les données quittaient les serveurs de Facebook, ils perdaient la connaissance et le contrôle de ce qui était fait avec ces données", a affirmé un ancien responsable d'exploitation de Facebook, Sandy Parakilas, devant une commission parlementaire britannique.

Au courant "dès 2011"

Particulièrement zélé quant à sa propre sécurité informatique, Facebook ne disposait en revanche que de "peu de moyens pour détecter d'éventuels abus" dans l'utilisation de ces données, a-t-il insisté. Pis, selon lui: "Facebook était au courant de ce qui se passait et n'a prévenu personne".

Sur le même ton, un militant autrichien pour la protection des données, Max Schrems, a affirmé que Facebook était au courant dès 2011. Il affirme avoir eu en 2012 une réunion avec des représentants du géant américain pour évoquer les inquiétudes suscitées par l'utilisation d'applications tierces, mais que ces derniers avaient assuré n'y voir aucun problème.

"Ils ont explicitement dit que de leur point de vue, en utilisant le réseau vous consentez à une situation où d'autres personnes peuvent installer une application et rassembler vos données", a-t-il dit. Selon lui, Facebook n'avait aucun moyen de savoir si les firmes qui recevaient les informations adhéraient aux règles de protection des données personnelles, a-t-il relevé.

Plaintes déposées

L'affaire pourrait coûter gros au roi des réseaux sociaux: Facebook affronte désormais une campagne d'appels à se désabonner (#deletefacebook) et des cabinets d'avocats américains ont annoncé mercredi avoir déposé des plaintes et recours en nom collectif (class action) au nom de citoyens et d'actionnaires.

L'action du géant américain parvenait toutefois à reprendre quelques couleurs mercredi après avoir fortement chuté lundi et mardi à la Bourse de New York.

Mis en cause dans le scandale, Aleksandr Kogan s'est défendu mercredi d'avoir agi illégalement, accusant CA et Facebook de vouloir se défausser sur lui. "Nous pensions que nous faisions quelque chose de parfaitement normal", a dit M. Kogan. "Cambridge Analytica nous a assurés que tout était parfaitement légal et en conformité avec les conditions d'utilisation" de Facebook, a ajouté sur la BBC cet enseignant en psychologie à l'université de Cambridge.

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