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La reine Elizabeth II a lu devant les deux chambres du Parlement les engagements du gouvernement de Theresa May pour les deux prochaines années.

KEYSTONE/AP Getty Pool/CARL COURT

(sda-ats)

La Première ministre britannique Theresa May a présenté mercredi un programme de gouvernement empreint d'"humilité", reflet de sa fragilité politique. Ce programme est expurgé de toute mesure qui fâche et orienté sur le travail colosssal attendu en vue du Brexit.

Comme le veut la tradition, c'est la reine Elizabeth II qui a lu les engagements du gouvernement pour les deux prochaines années. Le Discours de la Reine, qui marque l'ouverture du Parlement, est d'ordinaire une cérémonie purement protocolaire. Mais il a pris cette année les allures d'un test majeur de la capacité de Mme May à gouverner le pays.

"Le résultat de l'élection n'est pas celui que j'espérais, mais ce gouvernement répondra avec humilité et détermination au message envoyé par l'électorat", a dit la Première ministre, qui a perdu sa majorité absolue lors des législatives du 8 juin.

Réussir le Brexit

"La priorité de mon gouvernement est de garantir le meilleur accord possible alors que le pays quitte l'Union européenne", a dit la reine, se faisant le porte-voix de Mme May. Elle a ajouté que le gouvernement chercherait "à construire le consensus le plus large possible sur l'avenir du pays hors de l'UE", alors que le gouvernement est divisé sur la question.

Dans un document distribué à la presse pendant le discours, le gouvernement a souligné qu'il multiplierait les consultations avec les milieux d'affaires "afin de tester et valider ses positions".

La législation pour sortir le pays de l'UE, forte de huit lois sur les 27 au total présentées par le gouvernement, est destinée à abolir le Code de la loi de 1972 qui avait incorporé le droit européen au droit britannique, et à créer de nouvelles règles en termes de commerce, immigration, pêche ou encore agriculture.

Mesures impopulaires abandonnées

Bien que Mme May ait réaffirmé viser un budget à l'équilibre d'ici le milieu de la prochaine décennie, la plupart des mesures sociales impopulaires contenues dans le programme électoral du Parti conservateur ont été abandonnées.

Ont ainsi disparu sa volonté de supprimer les repas gratuits pour les écoliers et celle de financer les soins liés à la dépendance des personnes âgées par un prélèvement sur les successions, rebaptisée par le public "dementia tax" ("taxe sur la démence").

Au niveau économique, Theresa May a également renoncé à ses projets visant à encadrer davantage la rémunération des patrons et à accorder aux salariés plus de poids dans la définition de la stratégie de leur entreprise en Grande-Bretagne.

Le discours ne mentionne pas non plus une visite d'Etat du président américain Donald Trump, jetant le doute sur sa tenue initialement prévue à l'automne.

Incendie de la tour Grenfell

Après la série d'attentats qui a endeuillé le pays et l'incendie de la tour Grenfell de Londres, Mme May a annoncé un projet de créer une force d'intervention spéciale en cas de catastrophe et une nouvelle commission pour lutter contre l'extrémisme. Elle veut aussi réviser la stratégie antiterroriste.

La première ministre a aussi présenté ses "excuses" pour la façon dont les autorités sont initialement venues en aide aux victimes de l'incendie de la tour Grenfell, qui a fait au moins 79 morts.

"Canards boiteux"

Le gouvernement peut toutefois essuyer un camouflet lors d'un vote de confiance programmé le 29 juin. Avec 317 sièges sur 650, les conservateurs doivent désormais compter sur le soutien des dix élus du parti conservateur nord-irlandais DUP pour atteindre la majorité absolue. Mais cet accord tarde à se concrétiser. Une source au sein du DUP a déclaré mercredi qu'un accord cette semaine paraissait peu probable.

Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn s'est dit prêt à remplacer Mme May. Pour le parti indépendantiste écossais (SNP), "Theresa May est une Première ministre boiteuse à la tête d'un gouvernement de canards boiteux".

Hors du Parlement, un millier de personnes ont défilé jusqu'à Downing Street pour appeler à "faire tomber le gouvernement".

Jusqu'ici, Mme May a résisté aux appels à la démission, mais les médias bruissent de rumeurs sur son possible remplaçant. Le ministre chargé du Brexit David Davis ou le chef de la diplomatie Boris Johnson sont notamment évoqués.

ATS