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Lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel (G), la dirigeante britannique Theresa May (D) a défendu ses propositions qui permettront d'aboutir à "un Brexit doux et ordonné".

KEYSTONE/EPA/ANDY RAIN

(sda-ats)

Le gouvernement remanié de Theresa May s'est réuni mardi pour la première fois. Il a fait corps autour de la Première ministre britannique, secouée par les démissions de deux de ses poids lourds en désaccord avec son approche du Brexit jugée trop douce.

Le ministre de l'Environnement Michael Gove, un eurosceptique dont la réaction était particulièrement scrutée, a affirmé qu'il n'avait pas l'intention de suivre l'exemple des ex-ministres du Brexit David Davis et des Affaires étrangères Boris Johnson. "Absolument pas", a-t-il répondu à la chaîne ITV qui l'interrogeait sur la possibilité de son départ. Et d'ajouter qu'il ne pensait pas que Mme May était en difficulté.

Le ministre du Commerce international Liam Fox, un autre Brexiter, a aussi exclu de démissionner. Quant au nouveau ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt, qui s'était rallié aux tenants du Brexit après avoir milité contre, il a dit qu'il soutenait "sans réserve" le plan de Mme May pour une nouvelle relation avec l'Union européenne après le Brexit.

De quoi rassurer Mme May dont la chute était pronostiquée lundi. "Réunion productive avec le cabinet ce matin, semaine chargée en perspective", a-t-elle souligné dans un tweet clairement destiné à montrer qu'elle ne se laissait pas abattre.

Vote de confiance pas gagné

Le nouveau ministre du Brexit Dominic Raab, aux commandes des négociations avec Bruxelles depuis lundi fin de matinée, a déjà rencontré des responsables d'entreprises pour évoquer la proposition que Mme May compte soumettre à Bruxelles sur leur future relation post-Brexit.

Ce plan prévoit de mettre en place une zone de libre-échange et un nouveau modèle douanier avec les 27 afin de maintenir un commerce "sans friction" avec le continent. Il a été plutôt bien accueilli par les milieux d'affaires.

En revanche, les députés conservateurs en faveur d'une rupture nette avec Bruxelles ont dénoncé un projet qui n'a selon eux de Brexit que le nom, continuant de laisser planer la menace d'un vote de défiance contre Mme May. Il faudrait toutefois le vote de 159 députés conservateurs - sur 316 - pour faire tomber la cheffe du gouvernement, ce qui n'est pas gagné.

Le mouvement de défection n'est cependant pas fini. Mardi après-midi, deux députés ont abandonné leurs responsabilités au sein de l'appareil des Tories, Ben Bradley et Maria Caulfield.

Crainte d'une absence d'accord

Même si les députés conservateurs peuvent être tentés de renverser Theresa May, son ou sa remplaçante "devra affronter les mêmes problèmes et faire des choix difficiles concernant le Brexit", souligne Simon Usherwood, chercheur à l'université du Surrey. Il voit plutôt les frondeurs la laisser conduire le pays hors de l'UE en mars, avant qu'elle soit remplacée en avril, juste après le Brexit.

De son côté, le tabloïd Daily Mail (pro-Brexit) disait "comprendre - et partager - la frustration des Brexiters" mais s'inquiétait des risques de déstabilisation du gouvernement en cette période critique pour le Royaume-Uni. "En déstabilisant le gouvernement, les rebelles déstabilisent le Brexit lui-même. Préparez-vous à une sortie sans accord", prévient Nick Timothy, ancien conseiller de Theresa May dans les colonnes du Sun.

Une crainte qui grandit aussi à Bruxelles, qui observe avec inquiétude la crise politique britannique, alors que les négociations reprendront comme prévu lundi, a annoncé mardi le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Il "sera difficile de toutes façons de conclure les négociations", a déclaré Michel Barnier à New York. Avant de souligner que "l'absence d'accord serait la pire solution pour tout le monde".

"Brexit doux et ordonné"

A Londres dans le cadre du sommet des Balkans, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé "que c'était une bonne chose d'avoir des propositions sur la table" lors d'une conférence de presse commune avec Mme May et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. "Nous sommes impatients d'en discuter (...) dans un esprit d'amitié et le souhait d'avoir de bonnes relations dans le futur."

M. Morawiecki a lui assuré que "la Pologne veut une relation très amicale (...) Il ne serait pas bon pour le Royaume-Uni comme l'UE qu'on arrive à un divorce désordonné".

La dirigeante britannique a elle défendu ses propositions. Celles-ci permettront selon elle d'aboutir à "un Brexit doux et ordonné, qui protégera nos emplois, nos moyens de subsistance et permettra de remplir notre engagement d'éviter une frontière physique entre l'Irlande du Nord et l'Irlande".

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