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L'un des prévenus a reconnu avoir pris "un peu d'argent sur le dos de la société McDonald's" (archives).

KEYSTONE/AP/MATTHIAS SCHRADER

(sda-ats)

Quinze personnes comparaissent mardi devant le tribunal correctionnel de Versailles en France près de Paris. Un "vaste système de corruption" mis en place entre 2006 et 2010 est dans le viseur de la justice.

Sur les quinze prévenus, huit ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils sont notamment jugés pour corruption active et/ou passive, faux, usage de faux en écriture et recel. La plupart d'entre eux ont un casier judiciaire vierge.

Les faits débutent en 2006 à l'initiative d'un cadre d'une filiale de McDonald's France en région parisienne. L'homme, un responsable d'exploitation qui supervise six restaurants, a fait toute sa carrière au sein de l'enseigne de restauration rapide. Il voudrait évoluer dans l'entreprise, mais sa direction s'y oppose.

Argent dérobé

Ce trentenaire projette alors de quitter l'enseigne pour reprendre avec un ami une franchise Pizza Hut près de Marseille. Mais il a pour ce faire besoin de liquidités. Dès sa garde à vue, il a reconnu avoir pris "un peu d'argent sur le dos de la société McDonald's", a rappelé la présidente du tribunal.

Responsable notamment du choix des prestataires pour le nettoyage, les travaux d'entretien ou encore la sécurité et la publicité des établissements qu'il supervise, il est soupçonné d'avoir mis en place pendant quatre ans un système de rétrocommissions.

Les prestataires, avec lesquels traitaient le principal prévenu et ses complices présumés, dont deux directeurs de restaurants de la chaîne, se seraient ainsi vu obligés de surfacturer leurs services à McDonald's et de verser ensuite des rétrocommissions aux donneurs d'ordre. S'ils refusaient, ils ne remportaient pas le marché ou voyaient leurs contrats non reconduits.

"Je n'avais pas le choix", a indiqué à l'audience l'un des gérants d'une société de nettoyage. "Je me suis laissé tenter, (...) à cette époque-là, je faisais n'importe quoi", a redit pour sa part le principal mis en cause à la barre.

Verdict attendu vendredi

Un demi-million d'euros environ, versés en liquide ou payés en nature (écrans plats, travaux effectués gracieusement dans des biens immobiliers appartenant au responsable ou à son principal complice présumé), auraient ainsi été rétrocédés, au préjudice de McDonald's France et de sa filiale McDonald's Paris Nord.

Seule la société McDonald's Paris Nord s'est finalement portée partie civile à l'audience. Le procès est prévu pour durer jusqu'à vendredi.

ATS

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