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Le premier procès pour "tromperie aggravée" des laboratoires Servier et de Jacques Servier s'est ouvert lundi à Nanterre, près de Paris, par une bataille de procédure. L'entreprise et son patron sont poursuivis pour la commercialisation entre 1976 et 2009 du Mediator, qui a fait de 500 à 2000 morts.

Dans une salle d'audience bondée et surveillée par des dizaines de policiers, Jacques Servier a pris place sur le banc des prévenus, à quelques mètres des personnes se disant victimes du médicament ou de proches de personnes décédées.

Me Charles Joseph Oudin, un des avocats des victimes présumées, estime que la tromperie est déjà établie. "Servier a fait consommer pendant des années un produit toxique, il n'y a pas débat. Les laboratoires Servier connaissaient cette toxicité depuis le début des années 2000", a-t-il dit à la presse.

Jusqu'à quatre ans de prison ferme

Les prévenus le contestent. Leurs avocats devaient plaider toute la journée diverses demandes visant à faire annuler ou renvoyer le procès. Le tribunal devrait se prononcer mardi.

Cette affaire, la plus grave catastrophe sanitaire depuis la Deuxième Guerre mondiale en France, a déjà suscité une profonde remise en cause du système de santé français. Les laboratoires Servier et leur filiale commerciale Biopharma encourent des amendes et surtout des interdictions d'activité.

Retiré en Suisse

Le président-fondateur Jacques Servier, 90 ans, docteur en médecine et en pharmacie, ancien président de l'Ordre des pharmaciens, et quatre autres dirigeants risquent jusqu'à quatre ans de prison ferme assortis ou non d'amendes.

Le Mediator, présenté comme antidiabétique mais prescrit par les médecins comme coupe-faim, concerne potentiellement des millions de personnes susceptibles d'avoir contracté les affections cardiaques des valvulopathies, qui lui sont imputées.

En Suisse, le Mediator, vendu sous le nom de Mediaxal, a été retiré de la vente en 1997, Swissmedic ayant fait part de se "doutes" quant à d'éventuels graves effets secondaires.

ATS