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Medtronic rachète un rival et s'installe en Irlande

Ce contenu a été publié le 16 juin 2014 - 13:20
(Keystone-ATS)

Le fabricant américain d'appareils médicaux Medtronic, qui emploie plus de 1000 personnes en Suisse, a annoncé dimanche le rachat de son concurrent Covidien pour 42,9 milliards de dollars (38,6 milliards de francs). Cette opération lui permettra de réduire son ardoise fiscale en se domiciliant en Irlande.

Aux termes de la transaction, le groupe américain quittera son siège historique de Minneapolis (nord des Etats-Unis) pour se domicilier fiscalement en Irlande où est basé Covidien et où le taux d'imposition sur les bénéfices (12,5%) est bien plus faible qu'aux Etats-Unis (35%).

La transaction, qui se fera en liquide et en actions, doit encore être approuvée par les régulateurs et donnera naissance fin 2014-2015 à un géant du secteur. Le groupe comptera alors 87'000 employés présents dans plus de 150 pays, a indiqué Medtronic dans un communiqué.

Présent en Suisse

En Suisse, le fabricant emploie plus de 1000 personnes. Medtronic a établi son siège pour l'Europe et l'Asie centrale à Tolochenaz (VD). Le groupe est aussi présent à Neuchâtel et Münchenbuchsee (BE). L'an passé, le géant américain avait annoncé la fermeture de son site de Frauenfeld, entraînant la disparition de quelque 168 emplois.

Contacté par l'ats, Medtronic ne donne pas de précisions sur les conséquences pour la Suisse de cette acquisition, se référant à son communiqué. Il y aura "peu de redondances", a seulement déclaré un porte-parole du groupe en Suisse.

Plus de patients

"Cette acquisition va permettre à Medtronic de toucher plus de patients, de manière différente et dans plus d'endroits", s'est félicité Omar Ishrak, son directeur général cité dans le communiqué.

La transaction lui permettra aussi de réduire significativement son ardoise fiscale. Medtronic profite d'une disposition américaine permettant aux multinationales de maintenir l'ensemble de leurs activités aux Etats-Unis tout en domiciliant leur quartier général dans des pays à faible fiscalité, comme l'Irlande ou les Pays-Bas.

Dans le collimateur

Cette stratégie, baptisée "tax inversion" en anglais, est toutefois de plus en plus dans le collimateur de certains élus aux Etats-Unis qui mettent en avant le manque à gagner potentiel pour les caisses de l'Etat.

Conscient de la sensibilité du débat, Medtronic a pris soin, dans son communiqué, de clamer son attachement aux Etats-Unis en s'engageant à y investir 10 milliards de dollars au cours des dix prochaines années. "La technologie médicale est cruciale pour l'économie américaine et nous continuerons d'investir, d'innover et de créer des emplois bien payés" dans le pays, s'est défendu le patron de Medtronic.

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