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Le meurtrier est incarcéré à la prison de Bellevue à Gorgier (NE).

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

Le Tribunal criminel des Montagnes et du Val-de-Ruz a condamné à 12 ans de prison le ressortissant géorgien qui avait tué un requérant congolais au centre de Fontainemelon (NE). La prétention d'assassinat a été écartée.

Le meurtrier, un requérant d'asile géorgien de 37 ans avait tué en septembre 2017 un Congolais de 43 ans, père de famille, à la suite d'une dispute pour une question d'évier. Plusieurs membres de la communauté congolaise, dont le frère de la victime, étaient présents jeudi dans la salle d'audience à La Chaux-de-Fonds.

"La culpabilité du prévenu est lourde", a expliqué Alain Rufener, président du Tribunal. Le prévenu a fait preuve de détermination mais la Cour n'a pas pour autant retenu la prétention d'assassinat car il n'y a pas eu d'acharnement, ni de violence extrême, ni une certaine froideur.

Dans la fixation de la peine, la Cour a tenu compte de la responsabilité pénale très légèrement diminuée du prévenu, démontrée par l'expertise psychiatrique. Le meurtrier reste détenu en prison - il est à Gorgier (NE). Les 64 jours de détention préventive seront déduits de la peine à effectuer. A l'issue de sa détention, le Géorgien sera expulsé du territoire suisse pour une durée de 15 ans.

La Cour a estimé par ailleurs qu'il doit verser une indemnité de tort moral de 15'000 francs à l'épouse de la victime, de 10'000 francs à chacun de ses cinq enfants et de 2000 francs à son frère. Les frais de justice de 34'100 francs sont à la charge du prévenu.

Antécédents judiciaires

Le Ministère public était arrivé au mêmes conclusions que la Cour mais avait fixé une peine plus élevée, soit 16 ans de prison. Le procureur Nicolas Feuz a estimé que l'intention de tuer du prévenu était "évidente". Toutefois, il n'avait pas voulu retenir la prévention d'assassinat pour laquelle le meurtrier doit faire preuve d'absence de scrupules et d'une certaine froideur.

"On peut tenir compte de circonstances aggravantes", a ajouté le procureur. Il a évoqué notamment un mobile futile, une forme de préméditation, même si elle est très courte, et des antécédents judiciaires en Allemagne et en Géorgie.

"Motif futile"

La partie plaignante voulait que la Cour retienne la prévention d'assassinat car l'accusé a enlevé la vie "pour un motif futile" et dans un esprit de vengeance. Selon leur avocate, Brigitte Lembwadio Kanyama, le prévenu "ne supporte pas la contrariété, ce qui peut le pousser dans les derniers retranchements." Elle demandait une peine de prison supérieure à 16 ans.

De son côté, la défense a rappelé que son client vivait des jours difficiles au moment des faits car "il souffrait de très fortes douleurs dentaires et venait d'apprendre de très mauvaises nouvelles", notamment qu'il devait quitter la Suisse.

Selon son avocate, Noémie Reber Dubois, la dispute a démarré alors que la victime était alcoolisée et qu'elle a cherché à provoquer le prévenu en prenant le robinet de son évier pour faire la vaisselle alors que de nombreux autres étaient libres. "Il a été poussé à bout", a-t-elle ajouté. La défense demandait une peine privative de liberté de 12 ans.

Pot de confiture lancé

Selon l'acte d'accusation, l'altercation a débuté par des échanges verbaux et physiques, les deux protagonistes ayant élevé la voix et s'étant poussés l'un l'autre. L'accusé voulait se battre à l'extérieur du centre avec la victime. Cette dernière, ayant été avertie par des résidents que le prévenu avait profité d'un changement de vêtements pour dissimuler un couteau dans ses manches, n'est pas sortie.

Le prévenu est dès lors revenu dans le réfectoire, a saisi un pot de confiture et l'a lancé à la tête de la victime. Ensuite, il lui a sauté dessus, frappant le Congolais avec un couteau au niveau du coeur, causant le décès de la victime.

L'accusé s'est fait désarmer par un autre résident du centre. Ensuite il a pris la fuite à pied. Il a envoyé "différents messages à ses proches, notamment pour leur dire qu'il ne savait pas s'il allait avoir le temps de fuir ou s'il allait être arrêté".

L'auteur de l'homicide a très vite pu être interpellé grâce au dispositif mis en place par la police neuchâteloise.

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ATS