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Les végétaux et le sol absorbent actuellement l'équivalent de 20% du CO2 (archives).

KEYSTONE/AP/KENT GILBERT

(sda-ats)

Une meilleure gestion des sols et des forêts, combinée à une agriculture mieux pensée, pourrait avoir un impact majeur contre le changement climatique, estime une étude lundi. Les émissions de gaz à effet de serre pourraient ainsi être considérablement réduites.

Cette vaste étude publiée dans les Comptes rendus de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS) estime cette diminution à près de 11,3 milliards de tonnes de CO2 par an d'ici 2030, soit l'équivalent de l'actuelle combustion de pétrole dans le monde.

Cette réduction est bien plus importante (30%) que celle évoquée dans la dernière estimation en la matière, et ce tout en préservant la production alimentaire et la biodiversité. Un tel tonnage représenterait 37% de la réduction nécessaire des émissions pour maintenir le réchauffement planétaire à moins de deux degrés Celsius d'ici 2030.

Ces travaux constituent l'évaluation la plus complète à ce jour de la manière de réduire et de stocker le dioxyde de carbone (CO2) dans les forêts, les terres agricoles et les zones marécageuses en utilisant uniquement des solutions naturelles.

Investir dans la nature

"Nous allons devoir augmenter la production alimentaire et le sciage de bois pour faire face à la croissance de la population mondiale qui doit atteindre neuf milliards (de personnes) d'ici 2050, mais nous devons le faire en continuant à combattre le réchauffement et ce en investissant dans la nature, ainsi que dans les énergies et les moyens de transport propres", fait valoir Mark Tercek, président de l'ONG The Nature Conservancy, qui a participé avec quinze autres institutions à l'étude.

Les végétaux et les sols dans les écosystèmes terrestres absorbent actuellement l'équivalent de 20% du CO2. Mais l'élevage, les activités d'exploitation agricole et forestière génèrent du CO2, du méthane et de l'oxyde d'azote, de puissants gaz à effet de serre.

Les écosystèmes offrent de ce fait de grandes possibilités pour minimiser de façon importante le changement climatique, pointe l'étude. Elle a déterminé que les arbres offraient le plus grand potentiel pour absorber les émissions de C02 tout en améliorant la qualité de l'air, de l'eau et en préservant la biodiversité.

Les forêts recouvrent 30,6% du sol terrestre. L'étude montre que les trois meilleures mesures pour accroître le nombre et la taille des arbres - la reforestation, éviter le déboisement et une meilleure gestion forestière - pourraient retirer à moindre coût sept milliards de tonnes de CO2 par an de l'atmosphère d'ici 2030, ce qui équivaut à enlever de la route 1,5 milliard de voitures.

Les terres agricoles représentent 11% des sols du globe et des changements dans leur exploitation pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre de 22%, ajoute l'étude.

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ATS