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Les manifestants étaient 400'000, selon les organisateurs, et seulement 140'000, d'après les autorités municipales.

KEYSTONE/AP/VICTOR R. CAIVANO

(sda-ats)

Plusieurs syndicats argentins ont lancé un avertissement au gouvernement en mobilisant des dizaines de milliers de personnes mercredi à Buenos Aires. Ils protestaient contre les réformes économiques du président de centre-droit Mauricio Macri.

Les manifestants étaient 400'000, selon les organisateurs, et seulement 140'000, d'après les autorités municipales. Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites en décembre avait été émaillée d'incidents violents, la protestation de mercredi s'est déroulée dans le calme.

"Le gouvernement méprise les travailleurs et hypothèque le pays en s'endettant", a déclaré à la tribune le chef de file du mouvement, Hugo Moyano, patron du puissant syndicat des camionneurs et principale figure syndicale du pays. Il met en avant la perte constante de pouvoir d'achat, alors que les syndicats sont en plein bras de fer avec les autorités pour négocier les hausses de salaires destinées à compenser la forte inflation.

Syndicats désunis

Pour M. Moyano, la manifestation est également une démonstration de force, alors qu'il est soupçonné par la justice de blanchiment d'argent. Président du prestigieux club de football Independiente, Hugo Moyano est un riche syndicaliste, comme beaucoup d'autres dirigeants syndicaux en Argentine.

Le président argentin a réagi en lançant une charge, sans les citer, contre les syndicalistes corrompus. "Nous souhaitons des solutions sans extorsion, sans comportements mafieux", a dit le président.

En janvier, le patron d'un petit syndicat d'employés administratifs de l'éducation, Marcelo Balcedo, a été emprisonné après que la police a découvert 6 millions de dollars en liquide dans des coffres-forts à son nom en Uruguay.

Plusieurs syndicats importants, plus conciliants vis-à-vis du gouvernement, ont de leur côté refusé de s'associer à la mobilisation de mercredi. Historiquement, les syndicats ont une grande influence dans la vie politique de l'Argentine, mais sans large union syndicale leur influence se dilue.

Inflation et chômage

Les plus démunis des 42 millions d'Argentins souffrent d'une forte hausse des prix. Depuis dix ans, l'inflation annuelle dépasse les 20% dans la troisième économie d'Amérique latine.

En arrivant au pouvoir fin 2015, Macri avait promis d'en finir avec l'inflation. La tâche s'avère plus ardue que prévu pour le président, qui file cependant vers une réélection en 2019. Le gouvernement table pour 2018 sur une inflation annuelle de 15%.

Le chômage s'est également aggravé ces dernières années. Après une récession de 2,3% en 2016, l'économie est repartie de l'avant en 2017, mais la croissance de 2,8% n'a pas notablement amélioré la condition des Argentins.

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ATS