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Des masques rouges ont été placés sur la plage de Copacabana pour représenter les députés et le président brésilien Michel Temer dont les manifestants demandent la démission.

KEYSTONE/EPA EFE/MARCELO SAYÃO

(sda-ats)

Avec Caetano Veloso en tête d'affiche, un grand concert a rassemblé dimanche à Rio de Janeiro des milliers de manifestants pour réclamer la démission de Michel Temer. Le président brésilien s'accroche au pouvoir malgré de graves accusations de corruption.

"Si on le pousse, Temer va tomber", scandaient à l'unisson les manifestants sur la célèbre plage de Copacabana. En dépit de cette pression populaire, le chef de l'État refuse catégoriquement de démissionner. Il a réitéré dimanche sa ferme intention de maintenir le cap des réformes visant à sortir le pays de la récession.

"Le Brésil ne s'est pas arrêté et ne va pas s'arrêter, malgré la crise politique que, je le reconnais, nous sommes en train de traverser", a-t-il affirmé dans une tribune publiée dans le journal Folha de Sao Paulo.

Enquête pour corruption

Un an après avoir succédé à Dilma Rousseff (gauche), destituée pour maquillage des comptes publics, son mandat ne tient pourtant qu'à un fil, depuis la révélation la semaine dernière d'un enregistrement compromettant. Il semble y donner son accord pour acheter le silence d'un ex-député aujourd'hui en prison.

Visé par une enquête pour corruption passive et obstruction passive, il fait aussi l'objet de plusieurs motions de destitution déposées au Parlement. Il négocie pied à pied pour éviter une défection en masse de ses alliés politiques.

Son destin pourrait aussi être scellé par le Tribunal supérieur électoral (TSE), qui juge à partir du 6 juin des irrégularités dans le financement de sa campagne de 2014 au côté de Mme Rousseff, dont il était le vice-président. Les militants de gauche l'accusent en outre d'avoir orchestré un coup d'État pour prendre le pouvoir.

Demande d'élections directes

En vertu de la Constitution, si M. Temer est destitué ou démissionne, la chambre des députés sera chargée de désigner son successeur dans les 30 jours. Mais beaucoup de Brésiliens refusent ces élections indirectes, en raison de l'image ternie du Parlement, dont des dizaines de membres sont visés par des enquêtes pour corruption.

C'est pourquoi la manifestation de Copacabana a été convoquée par des mouvements de gauche. Ceux-ci ont repris à leur compte le slogan de "Diretas Já" ("Des élections directes maintenant"), utilisé au début des années 80 par le mouvement populaire réclamant la fin de la dictature militaire (1964-1985).

Alors que le concert battait son plein à Rio, la présidence a annoncé un changement de taille au sein du gouvernement: le controversé Osmar Serraglio va quitter le ministère de la justice et sera remplacé par Torquato Jardim, ministre de la Transparence. M. Serraglio a été éclaboussé en mars par le vaste scandale de viande avariée qui a touché le Brésil.

Touchés de plein fouet par la crise et un taux de chômage supérieur à 14%, les Brésiliens sont exaspérés par les scandales à répétition qui éclaboussent la classe politique, dont plusieurs ministres de M. Temer.

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ATS