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En 2017, Stefan Meierhans s'attèlera notamment à examiner les offres dans l'économie numérisée.

Keystone/PETER SCHNEIDER

(sda-ats)

Le surveillant des prix redoublera d'attention en 2017 sur les coûts dans le domaine de la santé. Stefan Meierhans se focalisera également sur la numérisation de l'économie, qui offre bien des opportunités mais peut aussi entraîner une segmentation des marchés.

"Depuis 1996, les primes maladie ont augmenté cinq fois plus vite que les salaires et les coûts de la santé deux fois plus vite que le produit intérieur brut", a rappelé Monsieur Prix vendredi devant les médias à Berne. Le point fort en 2017 sera de freiner ces coûts, qui entraînent le renchérissement automatique des primes.

Les efforts de 2016, notamment sur les tarifs dans le domaine hospitalier stationnaire, ont permis une baisse des coûts de la santé de plusieurs centaines de millions de francs, mais on peut encore faire davantage, selon M. Meierhans. Il a également pointé le prix des médicaments, deux fois plus chers en Suisse qu'à l'étranger. "On attend toujours une ouverture pour les génériques."

Monsieur Prix fait partie d'un groupe d'experts au sein du Département fédéral de l'intérieur (DFI) qui réexamine les tarifs dans le domaine de la santé. Il relève ainsi nombre d'incitations erronées dans le secteur, souvent coresponsables de ces hausses de coûts. Le surveillant des prix va s'atteler en 2017 à corriger le tir en définissant un paquet de mesures.

Numérisation dans le viseur

Le domaine de la santé est aussi étroitement lié, comme celui des banques, du trafic de paiements, des sites de réservations ou encore de l'e-commerce, aux défis de la numérisation. Et Monsieur Prix d'évoquer le dossier électronique du patient, un système que "nous sommes encore loin de maîtriser".

Avec la numérisation continue de l'économie, certaines entreprises pourraient d'ailleurs renforcer leur position sur le marché par rapport à leurs concurrents et clients et imposer des prix "abusifs", a relevé M. Meierhans. Il s'agit dans la pratique d'ajuster les nouveaux produits numériques, notamment les services et prestations sur Internet, aux contraintes des sociétés.

La loi sur la surveillance des prix, formulée de manière neutre par rapport à la technologie, devrait suffire pour lutter efficacement contre les abus, a souligné Monsieur Prix. Et le règlement à l'amiable demeure l'instrument idéal pour réagir de manière souple à ces changements rapides.

Enquête sur booking.com

Monsieur Prix a déjà commencé à examiner les offres dans l'économie numérisée. Le site de réservations booking.com fait l'objet d'une enquête qui étudie si les tarifs que paient à la plateforme les hôteliers traditionnels pour y figurer ainsi que les consommateurs ne sont pas abusifs. Il est encore trop tôt pour savoir s'il sera nécessaire d'intervenir ou non, a ajouté M. Meierhans.

Par ailleurs, les tarifs des transports publics occuperont encore Monsieur Prix ces prochains mois, d'après son rapport annuel. Il faudra les renégocier pour le changement d'horaire en fin d'année. En accordant une attention particulière accordée au prix de l'abonnement général des CFF avec règlement mensuel et au découvert qui s'esquisse à nouveau dans le financement du trafic régional.

Dénonciations d'abus

La Surveillance des prix a traité 1552 contestations émanant du public en 2016. Ces dernières ont avant tout porté sur les prix et les tarifs du domaine de la santé (environ 15%).

Le deuxième motif de réclamation concernait le transport. Un nombre d'annonces supérieur à la moyenne a concerné les domaines télécommunication, lettres et colis postaux ainsi que la branche de la finance. Monsieur prix a conclu 11 solutions à l'amiable.

Les autorités ont en outre soumis 577 projets de modification de tarifs au surveillant des prix. Celui-ci a émis 136 recommandations portant principalement sur les prix et tarifs dans le domaine de la santé.

Il a aussi largement fait usage de son droit de recommandation dans les domaines communaux de l'approvisionnement et de l'élimination, notamment à propos des taxes sur l'eau et sur les eaux usées. Le nombre de propositions tarifaires dans le domaine de l'eau et de l'épuration a d'ailleurs fortement augmenté.

ATS

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