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Lundi, douze ouvriers agricoles étrangers sont morts dans une collision entre la fourgonnette qui les ramenait des champs et un camion de tomates, en pleine saison des récoltes près de Foggia.

KEYSTONE/EPA ANSA/FRANCO CAUTILLO

(sda-ats)

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a déclaré la guerre aux réseaux mafieux organisant le travail au noir des ouvriers agricoles étrangers dans le Sud. Il réagissait à la mort de seize d'entre eux dans deux accidents de la route.

Le patron de la Ligue (extrême droite) a aussi dénoncé la concurrence déloyale des "importations forcées" par l'Union européenne et assuré que ses efforts pour stopper l'immigration clandestine finiraient par assécher le système.

"C'est un problème de mafia. Dans la province de Foggia, il y a une criminalité mafieuse que j'ai l'intention d'éradiquer rue par rue, village par village, par tous les moyens légaux", a affirmé M. Salvini lors d'une conférence de presse à Foggia, dans les Pouilles.

Dans cette région, des milliers d'ouvriers agricoles africains mais aussi polonais, bulgares ou roumains passent l'été à ramasser les tomates sous un soleil de plomb.

Bien qu'ils soient quasiment tous en situation régulière, peu d'entre eux bénéficient des conditions de travail et de rémunération requises par la loi. Beaucoup sont contraints de loger dans des squats ou des bidonvilles et de s'en remettre à des intermédiaires souvent mafieux pour se rendre sur les exploitations.

Collisions mortelles

Samedi et lundi, deux collisions entre des camions de tomates et des fourgonnettes transportant des ouvriers agricoles ont fait seize morts et quatre blessés graves. Ces derniers mois, la police routière a saisi 300 véhicules dans la région, le plus souvent "des fourgonnettes immatriculées en Bulgarie et sans assurance", a annoncé M. Salvini, en précisant que le service n'avait que 116 agents pour contrôler toutes les routes de la province.

Le ministre a cependant assuré qu'il ne fallait pas "étiqueter l'agriculture italienne comme hors-la-loi parce que quelques-uns utilisent des moyens mafieux pour s'enrichir".

Et il s'en est pris à la "concurrence déloyale" de certains produits que l'Union européenne laisse entrer sur le marché italien: "Si l'Europe ne nous obligeait pas à nous aligner sur l'importation forcée de tomates tunisiennes, d'oranges marocaines, de riz birman, de blé canadien, nos agriculteurs auraient moins de mal à survivre".

Parallèlement, M. Salvini a assuré que les réseaux mafieux avaient bénéficié de l'"immigration incontrôlée (...) parce que s'il n'y avait pas des milliers de désespérés à exploiter, ils auraient plus de mal à faire des affaires".

Et s'il s'est dit persuadé que sa fermeté face aux flux de migrants africains finirait par porter ses fruits, il a aussi annoncé son intention de s'attaquer à l'"importation d'esclaves" européens, en réclamant plus d'attention et de contrôles à ses homologues bulgare et roumain.

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