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"Après cette semaine, il est clair que le Royaume-Uni ne se considère pas légalement obligé d'honorer" certains des engagements financiers à long terme que l'UE lui demande de respecter, a regretté Michel Barnier (droite).

KEYSTONE/AP/VIRGINIA MAYO

(sda-ats)

Les négociations du Brexit n'ont permis d'enregistrer "aucun progrès décisif sur les sujets principaux" liés au retrait du Royaume-Uni, a déploré jeudi le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier. Il s'exprimait après un nouveau round de tractations à Bruxelles.

"Cette semaine nous avons apporté des clarifications utiles sur beaucoup de points", a déclaré M. Barnier devant la presse, citant par exemple des dossiers comme celui du sort des travailleurs frontaliers.

"Mais nous n'avons enregistré aucun progrès décisif sur les sujets principaux" du divorce, a ajouté M. Barnier. Il a souligné en particulier les difficultés au "règlement financier" du Brexit.

"Nous sommes loin de constater des progrès suffisants pour pouvoir recommander au Conseil européen (les dirigeants des 27) d'engager des discussions sur la future relation entre le Royaume-Uni", a-t-il souligné.

"Quelques progrès concrets"

A ses côtés, son homologue britannique David Davis a déploré que "l'approche britannique (soit) significativement plus flexible et pragmatique" que celle de l'UE dans ces négociations. "Nous avons vu quelques progrès concrets", a-t-il voulu rassurer.

Les 27 pays qui resteront dans l'UE ont fixé trois priorités absolues: la facture que devra honorer le Royaume-Uni en quittant l'Union, le sort des citoyens européens sur le sol britannique et l'avenir de la frontière entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

Ce n'est qu'à condition d'avoir accompli des "progrès suffisants" dans ces domaines qu'ils accepteront de discuter, dans une seconde phase de négociations, de la "relation future" avec le Royaume-Uni sur le plan commercial.

Divergences sur la facture

Le Royaume-Uni a présenté pour la première fois cette semaine sa propre analyse juridique de la facture que le pays devra honorer en quittant l'UE pour respecter des engagements financiers déjà pris, notamment dans le cadre des budgets européens.

"Il existe encore des divergences à surmonter", a reconnu M. Davis. "Nous avons un devoir envers nos contribuables !", a-t-il lancé. "Après cette semaine, il est clair que le Royaume-Uni ne se considère pas légalement obligé d'honorer" certains des engagements financiers à long terme que l'UE lui demande de respecter, a regretté de son côté M. Barnier.

Le solde de tout compte que devra verser le Royaume-Uni pour honorer ses engagements financiers au sein de l'UE est officieusement évalué côté européen entre 60 et 100 milliards d'euros, alors que Londres refuserait de payer plus de 40 milliards selon la presse britannique.

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ATS