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L'immédiateté voulue de Netflix pèse dans la balance cannoise: le nouveau poids lourd de l'audiovisuel mondial a dit être ouvert à une sortie de ses films dans les salles françaises mais pas à garantir une fenêtre de 36 mois après la sortie avant qu'ils soient disponibles en streaming (image symb.).

KEYSTONE/AP/MARK LENNIHAN

(sda-ats)

Le géant du streaming Netflix sera absent cette année du festival de Cannes, dont la sélection sera connue jeudi. Une nouvelle règle interdit à tout film sans distribution en salles en France d'être en compétition.

"Nous voulons être sur un plan d'égalité avec les autres cinéastes", a relevé le directeur des contenus de Netflix Ted Sarandos dans un entretien au magazine spécialisé dans l'industrie audiovisuelle Variety publié mercredi. Il estime par ailleurs que projeter des films hors compétition ferait courir aux films et aux cinéastes produits par Netflix le risque de subir un "manque de respect (...) Je ne pense pas que ce serait bien pour nous d'y aller".

Netflix avait fait scandale l'année dernière à Cannes en refusant de diffuser en salles le film "Okja" qu'il avait produit, pour pouvoir le fournir sans délai à ses abonnés. Il avait aussi en compétition "The Meyerowitz Stories" de Noah Baumbach.

Le nouveau poids lourd de l'audiovisuel mondial a dit être ouvert à une sortie de ses films dans les salles françaises mais pas à garantir une fenêtre de 36 mois après la sortie avant qu'ils soient disponibles en streaming.

Chronologie anachronique

La réglementation française prévoit pour un film: une sortie au cinéma, puis quatre mois après en DVD ou en vidéo à la demande à l'acte (VàD) et, au bout de dix mois, à la télévision. Il ne peut être diffusé sur une plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) que 36 mois après sa sortie.

Cette chronologie est considérée en grande partie comme obsolète à cause de l'essor du piratage et des plateformes de SVOD comme les Américains Netflix et Amazon.

Un rapport commandé par le gouvernement pour moderniser ce système proposait en mars de ramener de quatre à trois mois la période d'exclusivité dont disposent les cinémas pour diffuser la plupart des films.

Vingt-sept au lieu de trente-six

La disponibilité sur les plateformes de vidéo par abonnement serait avancée à quinze mois après la sortie en salles, mais uniquement pour celles dites "vertueuses", c'est-à-dire qui respecteraient une série d'engagements assez stricts en termes de financement de la création française. Des conditions que Netflix et Amazon notamment sont loin de remplir.

Les plateformes non vertueuses verraient leur période de diffusion commencer à 27 mois.

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ATS