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Nicolas Sarkozy signant des autographes lors de la sortie de son livre "La France pour la vie"

KEYSTONE/EPA/SEBASTIEN NOGIER

(sda-ats)

Nicolas Sarkozy a braqué ses rivaux pour la primaire à droite en obtenant une modification de la procédure de vote pour les Français de l'étranger. Sa position est perçue comme une manoeuvre pour réduire la participation à un scrutin promis pour l'heure à Alain Juppé.

Lors d'un bureau politique réuni mardi soir en l'absence de ses principaux concurrents, le président des Républicains a obtenu que les expatriés ne votent plus par Internet, mais par bulletin, comme en métropole. Ce système pourrait influencer le taux de participation.

La modification a été validée par 47 voix contre quatre, en dépit des arguments du député Thierry Solère, qui supervise l'organisation de la primaire. M. Sarkozy a invoqué le respect du "principe constitutionnel du maintien de l'égalité des citoyens devant le vote."

Or le guide électoral de la primaire, diffusé le 22 avril, stipule que "pour les Français établis hors de France, le scrutin est organisé par voie électronique". La disposition était toutefois "en attente du vote d'approbation du bureau politique".

Pas de suspicion de triche

"Je ne vois pas au nom de quoi un mec de la Somme devrait faire 40 kilomètres pour aller voter, alors qu'un golden boy de New York n'aurait qu'à appuyer sur un bouton", a plaidé Nicolas Sarkozy, selon des propos rapportés mercredi par le journal L'Opinion.

Claudine Schmid, députée des Français de l'étranger, est étonnée par cette décision, prise sans consultation préalable: "Le vote par Internet avait été validé, car il n'est pas possible d'organiser des bureaux de vote dans tous les pays concernés". La politicienne franco-suisse dit cependant ne pas trop s'inquiéter, M. Solère ayant été appelé à analyser la décision.

"La reconsidération de cette décision doit être faite ces prochains jours", a-t-elle précisé à l'ats. "S'il faut ouvrir un maximum de bureaux, nous le ferons. En Suisse, près de 126'000 Français sont susceptibles de voter". Mercredi déjà, la Haute autorité chargée du bon déroulement de la primaire à droite a désavoué Nicolas Sarkozy. Elle a demandé au bureau politique, qui doit se réunir dans 15 jours, de revenir sur le sujet.

Quant à savoir si l'option prise par M. Sarkozy mardi soir était tactique, Mme Schmid ne se prononce pas: "N'étant pas du bureau politique, je n'ai pas assisté à la réunion, et ne peux donc pas juger". "Ce qui compte avant tout c'est que, quel que soit le mode de scrutin, il n'y ait aucune suspicion de triche".

Pas de citoyens de second ordre

Dès mardi soir, le conseiller d'Alain Juppé Gilles Boyer a rappelé sur Twitter que l'ancien Premier ministre défendait le vote électronique afin de permettre aux expatriés de "voter dans de bonnes conditions".

François Fillon a, lui, marqué sa détermination à défendre "le droit des Français de l'étranger à s'exprimer" dans "des conditions qui respectent la spécificité de leur territoire de résidence".

Sur France Info, Bruno Le Maire s'est élevé contre l'idée qu'il puisse y avoir "des citoyens de premier ordre et de second ordre."

ATS