Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

La situation dans le sud-est du Niger de milliers de réfugiés nigérians est "atroce", selon l'ONU mercredi. Ces migrants ont gagné la frontière pour échapper aux exactions du groupe islamiste nigérian Boko Haram.

"Ici c'est une situation atroce, il y a une psychose chez ces gens qui ont été expulsés de leurs villages, de leurs foyers par Boko Haram", a affirmé Toby Lanzer, Coordonnateur humanitaire régional de l'ONU pour le Sahel. Il a visité mercredi Assaga, un des plus grands camps de réfugiés nigérians dans le sud-est du Niger.

Ce camp qui compte quelque 6000 personnes est situé à une dizaine de km de la ville de Diffa, la capitale régionale du sud-est du Niger, proche du nord-est du Nigeria, fief de Boko Haram.

"C'est une crise sécuritaire très aiguë pour ces gens presque sans espoir", s'est-il alarmé. Ces personnes "vivaient en paix" et "tout d'un coup, il y a Boko Haram qui arrive, les expulse de leurs villages, vole leur bétail", a-t-il indiqué.

"Je vais faire un plaidoyer très fort la semaine prochaine au niveau de l'Assemblée générale de l'ONU pour dire aux bailleurs de fonds: 'il faut vraiment être aux côtés de la population de Diffa'", a-t-il assuré, en rendant hommage aux agences onusiennes déployées au Niger.

Dans le camp d'Assaga, lancé par l'ONU il y a trois mois, de nombreux réfugiés vivent dans le dénuement total et dorment sous des abris de fortune, à la merci des moustiques et des intempéries, a constaté un journaliste de l'AFP.

Diffa parfois attaquée

Les premiers arrivants sur le site ont eu droit à des bâches et des tentes et reçoivent régulièrement des rations alimentaires. Mais ceux arrivés récemment n'ont pour le moment pas d'aide. "Je n'ai rien mangé depuis quelques jours", s'est plaint Mohamed Ari, un réfugié du camp.

La visite de M. Lanzer visait à "évaluer" la situation humanitaire dans la zone de Diffa, déjà fragilisée par des années successives de sécheresse et d'inondations. Elle abritait déjà plus de 150'000 réfugiés ayant fui depuis avril 2013 les violences au Nigeria, selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) à Niamey.

Depuis février 2015, Diffa a subi plusieurs attaques meurtrières de Boko Haram lors de raids en provenance du lac Tchad.

ATS