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Nigeria: une autre humanitaire du CICR tuée par Boko Haram

Hauwa Liman, employée du CICR, a été tuée par le groupe djihadiste Boko Haram au Nigeria. Elle était "une femme sociable, dynamique et enthousiaste, (...) dévouée à son travail", a souligné le CICR (archives).

KEYSTONE/EPA ICRC/ICRC HANDOUT

(sda-ats)

Une deuxième employée de la Croix-Rouge internationale enlevée par Boko Haram a été tuée par le groupe djihadiste dans le nord-est du Nigeria en l'espace d'un mois. "Un acte de cruauté abject" s'est indigné mardi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Trois humanitaires nigérianes avaient été enlevées le 1er mars dans une attaque visant la ville de Rann (extrême nord-est), au cours de laquelle trois autres travailleurs humanitaires et huit soldats nigérians avaient été tués. Deux des femmes kidnappées, Hauwa Liman et Saifura Khorsa, travaillaient pour le CICR, tandis que la troisième, Alice Loksha, travaillait pour l'Unicef.

Le ministre de l'Information Lai Mohammed a annoncé mardi matin la mort de Hauwa Liman, sage-femme de 24 ans. Condamnant un meurtre "ignoble, inhumain et impie", il a appelé à la libération de deux femmes encore aux mains de Boko Haram - Alice Loksha et une jeune fille de quinze ans.

"Meurtres insensés"

Le CICR a confirmé quelques heures plus tard dans un communiqué avoir "des informations selon lesquelles Hauwa Mohammed Liman a été tuée par ses ravisseurs dans un acte de cruauté abject". "Nous avons appelé à la clémence et à la fin de ces meurtres insensés. Comment est-il possible que deux professionnelles de la santé aient été tuées l'une après l'autre? Rien ne peut justifier cela", a réagi la directrice régionale du CICR pour l'Afrique.

L'organisation humanitaire avait annoncé en septembre avoir reçu une vidéo de l'exécution de Saifura Khorsa, l'une des trois otages du groupe Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), une faction de Boko Haram soutenue par l'EI.

L'ISWAP menaçait dans cette vidéo de tuer les deux autres otages si ses revendications n'étaient pas satisfaites. L'ultimatum fixé aux autorités nigérianes a expiré lundi, mais le ministre de l'Information a assuré que le gouvernement avait toujours laissé la porte ouverte aux négociations. "Dans toutes les négociations, nous avons agi dans le meilleur intérêt des jeunes femmes et du pays dans son ensemble", a-t-il dit.

Série d'attaques

Les Nations unies estiment que les violences entre Boko Haram et l'armée nigériane ont fait plus de 27'000 morts depuis 2009. Près de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.

Les djihadistes pratiquent les enlèvements contre rançon pour financer leurs opérations ou échanger avec le gouvernement nigérian leurs captifs contre des membres de leur groupe faits prisonniers. Les autorités affirment que les islamistes sont gravement affaiblis mais l'ISWAP a procédé ces derniers mois à une série d'attaques contre des bases militaires dans l'Etat de Borno et celui, voisin, de Yobe.

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