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Atteindre l'objectif d'une réduction de 43% de la consommation d'énergie d'ici à 2035 nécessitera des mesures supplémentaires, de l'augmentation de taxes et autres redevances à l'invention de nouveaux impôts, a prédit Céline Amaudruz.

KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

(sda-ats)

Les délégués de l'UDC rejettent la stratégie énergétique 2050, soumise au peuple le 21 mai prochain. Après un long débat organisé à Appenzell, ils ont suivi samedi en assemblée l'avis de la direction du parti par 322 "non", quatre "oui" et une abstention.

Les membres du parti se sont rangés notamment aux arguments de leur ancien conseiller fédéral Christoph Blocher et des conseillers nationaux Toni Brunner, Céline Amaudruz ainsi que du directeur adjoint de Swissmem Jean-Philippe Kohl. Ils ne veulent pas d'une transition énergétique imposée par l'Etat, coûteuse et mettant, selon eux, en danger l'approvisionnement d'énergie en Suisse.

Toni Brunner a qualifié la stratégie énergétique 2050 de "commando suicide" et d'"opération à l'issue incertaine, irréfléchie, impropre et très peu suisse". L'ancien président du parti a accusé la gauche, le PDC et sa conseillère fédérale Doris Leuthard de vouloir faire passer la classe moyenne à la caisse.

Locataires à la caisse

Atteindre l'objectif d'une réduction de 43% de la consommation d'énergie d'ici à 2035, comme l'exige le plan soumis en votation fédérale, nécessitera des mesures supplémentaires, de l'augmentation de taxes et autres redevances à l'invention de nouveaux impôts, a prédit Céline Amaudruz. Une hausse de la taxe sur les carburants pénalisera les régions périphériques et l'économie en général.

Les locataires feront en outre les frais de l'interdiction des chauffages à l'huile en 2029 et de l'équipement obligatoire, en cas de nécessité, d'une commande "smart meter" dictant le dosage de la consommation d'énergie dans un logement. Pas question, pour la conseillère nationale genevoise, de "rééduquer le peuple et de l'amener à payer deux fois plus pour avoir deux fois moins de confort" à la façon d'une "économie planifiée selon un modèle de dictature socialiste".

Président de la Fédération suisse des propriétaires, Hans Egloff a, lui, dénoncé les lourdes charges qu'impliquerait la nouvelle stratégie énergétique pour les détenteurs d'immobilier. Le conseiller national zurichois s'en est particulièrement pris à la hausse de la taxe sur le CO2 et à l'interdiction des chauffages aux combustibles fossiles.

Approvisionnement en danger

Pour Jean-Philippe Kohl, directeur adjoint de Swissmem, les énergies renouvelables soutenues par la stratégie soumise au peuple n'assurent pas l'approvisionnement en électricité durant l'hiver. "Nous ne pouvons pas nous permettre des coupures de courant dans l'industrie", a mis en garde le représentant de la branche des machines, des équipements électriques et des métaux.

Si les citoyens disent "oui", ils signent un chèque en blanc car le texte n'indique pas les mesures permettant d'atteindre l'objectif fixé, estime M. Kohl. Le progrès technique à lui seul ne suffira pas à réduire suffisamment la consommation. Les plans du Conseil fédéral vont en outre à contre-courant de l'électrification croissante de la mobilité, la numérisation et le remplacement des énergies fossiles de chauffage, selon lui.

Non aux subventions

Dans un débat contradictoire, Christoph Blocher et Adrian Amstutz ont dénoncé le subventionnement des énergies renouvelables. Selon l'ancien conseiller fédéral UDC, il détruit le marché alors même que les centrales nucléaires seront débranchées. Il nuit même à l'énergie hydraulique, a accusé le conseiller national bernois pour sa part. Il faut au contraire renforcer cette source d'énergie au lieu de faire confiance à des énergies "peu fiables", éoliennes en tête, qui "détruisent le paysage".

Face à eux, le conseiller national Eric Nussbaumer (PS/BL) et le député vert au parlement zurichois Martin Neukom ont contesté tout reproche d'économie planifiée et rappelé que les mesures incitatives ne sont pas encore coulées dans le bronze. Il s'agit de faire confiance aux technologies du futur et d'investir dans les énergies renouvelables en Suisse, non pas à l'étranger.

Au sein de l'assemblée, seuls les conseiller nationaux thurgovien Markus Hausammann et fribourgeois Pierre-André Page - paysans tous deux - ont appelé, en vain, à voter "oui". Le premier a rappelé que le projet renforce le statut de l'énergie hydraulique face à la protection du paysage. Selon le second, un "non" pénaliserait les paysans et les PME qui ont investi dans les énergies renouvelables après y avoir été incités par l'Etat.

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ATS