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Viols, torture, villages incendiés: Amnesty International accuse l'armée nigériane de s'être livrée, dans le cadre de sa lutte contre le mouvement islamiste radical Boko Haram, à de nombreuses exactions (image symbolique).

KEYSTONE/AP/SUNDAY ALAMBA

(sda-ats)

Viols, torture, villages incendiés: Amnesty International accuse l'armée nigériane de s'être livrée, dans le cadre de sa lutte contre le mouvement islamiste radical Boko Haram, à de nombreuses exactions. L'ONG parle de crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

Dans un rapport de 89 pages rendu public jeudi, l'organisation de défense des droits de l'homme ajoute que ces crimes ont été perpétrés pendant des années et n'ont pas cessé en dépit de l'ouverture d'une enquête officielle en août 2017, dont les conclusions n'ont pas été publiées. Le document de l'ONG s'appuie sur plus de 250 entretiens.

Amnesty International accuse notamment l'armée nigériane d'exactions sexuelles envers les civils, violant en échange de nourriture des femmes et des filles réfugiées dans des camps de déplacés du Nord-Est du pays. L'armée a aussitôt démenti ces accusations, qualifiant ce nouveau rapport de l'organisation de défense des droits de l'homme de "mensonger".

Dans le document, l'ONG révèle que l'armée nigériane et les milices engagées à ses côtés contre Boko Haram ont "séparé les femmes de leur époux" et de les avoir "enfermées dans des 'camps annexes' isolés, où elles sont violées". L'ONG fait remonter ces pratiques à 2015, époque à laquelle les autorités ont repris le contrôle des territoires occupés par les insurgés.

"Système bien organisé"

La plupart des hommes et des adolescents étaient détenus séparément pour s'assurer qu'ils n'étaient pas liés au groupe djihadiste, les femmes se retrouvant alors seules pour subvenir aux besoins de leurs familles, ajoute l'ONG. "Au lieu de recevoir une protection de la part des autorités, les femmes et les filles ont été contraintes de se faire violer pour se nourrir ou ne pas mourir de faim", a déclaré Osai Ojigho, directrice d'Amnesty Nigeria, citée dans le rapport.

Plusieurs d'entre elles ont confié avoir été violées fin 2015 et début 2016 dans le camp Hôpital de Bama, "où des conditions proches de la famine sévissaient". "Un [milicien] est venu et m'a apporté de la nourriture. Le lendemain, il m'a dit que je devais aller chercher de l'eau chez lui. Il a alors refermé la toile de la tente derrière moi et m'a violée", a ainsi raconté Ama, 20 ans.

Certaines ont dit avoir été contraintes de devenir les "compagnes" de membres des forces de sécurité "pour ne pas mourir de faim", selon Amnesty, ajoutant que les témoignages font état d'un "système bien organisé" d'exploitation sexuelle.

Amnesty International dénonce régulièrement des exactions commises par les forces de sécurité nigérianes. La guerre contre Boko Haram dure depuis neuf ans et les soupçons d'exactions imputés à l'armée nigériane sont très anciens, mais l'armée n'a guère pris de mesures à ce sujet.

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ATS