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Pour la cinquième journée consécutive, des heurts ont opposé jeudi à Bahreïn la police antiémeute à des manifestants, ont rapporté des témoins. Ils réclament la libération du chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, chef d'Al-Wefaq.

Contrairement aux jours précédents, où les manifestations se déroulaient dans des villages chiites de la banlieue de Manama, les affrontements de jeudi ont éclaté en début de soirée, après la prière, autour de la mosquée Mumen dans le centre de la capitale, ont indiqué des témoins.

La police antiémeute a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires, et il y a eu des blessés et des arrestations, de même source. Les magasins ont aussitôt fermé.

Dizaines d'interpellations

Les heurts ont éclaté à la sortie des fidèles de la mosquée après une prière de solidarité avec cheikh Ali Salmane, chef d'Al-Wefaq, principal groupe de l'opposition chiite, a indiqué ce groupe dans un communiqué citant "l'Observatoire de Bahreïn pour les droits de l'Homme".

"Des dizaines de personnes (...), dont des femmes et des enfants, ont été interpellées" par les forces de sécurité qui ont fait usage de gaz lacrymogène et de matraques contre les protestataires, selon le communiqué.

Accusé d'appel à la haine

Cheikh Salmane, 49 ans, a été arrêté dimanche dernier à Manama. Il est accusé d'appel à la haine et à la violence dans ce royaume à majorité chiite dirigé par la dynastie sunnite des Al-Khalifa.

Lundi soir, il a été formellement inculpé "d'incitation à un changement de régime par la force, par des menaces et des moyens illégaux", et placé en détention pour 7 jours.

Le parquet a indiqué jeudi dans un communiqué poursuivre l'interrogatoire de cheikh Ali Salmane, en le confrontant avec des enregistrements de ses déclarations en public.

Préoccupation américaine

Le département d'Etat américain a fait part de sa vive préoccupation. "Les partis d'opposition qui expriment pacifiquement des critiques contre le gouvernement jouent un rôle essentiel dans les Etats et les sociétés pluralistes", a-t-il déclaré dans un communiqué, ajoutant: "nous craignons que la mesure prise à l'encontre d'un haut dirigeant de l'opposition n'attise les tensions".

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ATS