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L'armée nord-coréenne assure vouloir tirer quatre missiles qui "voleront 3356,7 km (...) et toucheront les eaux à 30 à 40 km de Guam".

KEYSTONE/EPA/JEON HEON-KYUN

(sda-ats)

L'escalade verbale entre Washington et Pyongyang a franchi une nouvelle étape jeudi. La Corée du Nord a assuré que seule la force pouvait fonctionner sur un Donald Trump "dépourvu de raison". Elle a aussi précisé le calendrier son projet de tir de missile vers Guam.

Selon l'agence officielle KCNA, l'armée nord-coréenne aura achevé à la mi-août ses plans pour une attaque contre ce territoire américain du Pacifique. Ce plan comprend le "tir simultané" de quatre missiles de portée intermédiaire qui survoleraient le Japon. Ces fusées Hwasong-12 "voleront 3356,7 km pendant 1065 secondes et toucheront les eaux à 30 à 40 km de Guam", a-t-elle ajouté.

"Avertissement crucial"

Le projet sera soumis pour approbation au dirigeant Kim Jong-Un et constituera un "avertissement crucial aux Etats-Unis", précise l'agenc, qui cite le général Kim Rak Gyom, commandant des forces stratégiques de l'Armée populaire de Corée (APC).

Située à 3400 km environ au sud-est de Pyongyang, l'île de Guam abrite près de 163'000 habitants. Elle est un avant-poste clé pour les forces américaines sur la route de l'Asie. Elle abrite une base de la marine américaine dotée d'un escadron de sous-marins ainsi que d'une base aérienne capable d'accueillir les bombardiers lourds américains du B-52 au B-2 en passant par le B-1.

L'armée sud-coréenne a dénoncé jeudi les déclarations du Nord sur Guam et s'est dite prête à intervenir immédiatement en cas de nouvelle provocation. Aucune activité militaire inhabituelle n'a été observée en Corée du Nord, a-t-elle ajouté.

Un "message"

Le gouvernement japonais a de son côté averti qu'il ne pourrait "jamais tolérer les provocations" de Pyongyang. "Nous appelons fermement la Corée du Nord à prendre au sérieux les avertissements répétés de la communauté internationale, à se plier aux résolutions de l'ONU et à s'abstenir d'autres provocations", a dit son porte-parole Yoshihide Suga.

Le Japon pourrait légalement intercepter un missile dirigé vers Guam en vertu de l'alliance américano-japonaise, a ajouté le ministre nippon de la Défense Itsunori Onodera devant la chambre basse du Parlement. Les experts doutent cependant de la capacité des Forces d'autodéfense japonaises à abattre un missile survolant le territoire japonais.

Si la Corée du Nord menace régulièrement de détruire les Etats-Unis, la quantité de précisions fournies dans ce rapport est inhabituelle. Pour Masao Okonogi, professeur émerite spécialiste de la Corée du Nord à l'université japonaise de Keio, l'annonce ressemble plus à un avertissement qu'à une menace.

"Je pense que c'est un message pour dire qu'ils prévoient de bouger les tests de missiles de la mer du Japon vers des zones autour de Guam", plus au sud, a-t-il dit. "En fournissant un préavis, ils envoient également le message tacite que ce qu'ils vont faire n'est pas une véritable attaque."

Dialogue impossible

Le ton entre Washington et Pyongyang, déjà acrimonieux, est monté brutalement mardi. Le lendemain, Donald Trump promettait "le feu et la fureur" en cas de nouvelles menaces et vantait la puissance de l'arsenal nucléaire américain.

Donald Trump "a proféré un tas d'inepties sur 'le feu et la furie'", a estimé en outre KCNA. Selon elle, "un dialogue raisonnable n'est pas possible avec un tel gars dépourvu de raison et seule la force absolue peut fonctionner sur lui."

"Fin du régime"

Un peu plus tôt, le chef du Pentagone Jim Mattis avait appelé Pyongyang à arrêter sa course aux armes nucléaires, mettant en garde contre des décisions qui mèneraient "à la fin de son régime et à la destruction de son peuple".

"Les actions du régime de la RPDC (la Corée du Nord, ndlr) seront à chaque fois largement surpassées par les nôtres et il perdrait toute course aux armements ou conflit qu'il déclencherait", a insisté l'ancien général des Marines, soulignant l'isolement grandissant de Pyongyang.

ATS