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Les chiffres d'affaires des biotech européennes ont crû de 4% en 2015, contre 16% pour leurs concurrentes américaines (photo symbolique).

KEYSTONE

(sda-ats)

L'industrie biotech mondiale a signé en 2015 une année de tous les records, mais donne des signes d'essoufflement. Les chiffres d’affaires des grandes firmes du secteur ont bondi l'an passé de 13% à 132,7 milliards de dollars.

Pour la troisième année d'affilée, les entreprises américaines et européennes de biotechnologie se sont surpassées en termes de recettes, de bénéfices, de financement et de transactions, indique le rapport publié jeudi par le cabinet d'audit et de conseil EY. La croissance se concentre certes aux Etats-Unis, où sont générés plus de 80% des revenus.

La branche a aussi connu un vrai "miracle" côté emploi, de part et d'autre de l'Atlantique. Les effectifs des firmes examinées totalisaient 203'850 personnes à fin 2015, soit une hausse annuelle de 19%. À lui seul, le groupe français de bioanalyses Eurofins Scientific a recruté quelque 5400 collaborateurs.

Or la dynamique semble s'affaiblir, tout comme l'intérêt des investisseurs, augurant pour la branche d'une "normalisation", observe EY. En effet, en 2014, les chiffres d'affaires avaient gagné 18% en rythme annuel. La nouvelle enquête a porté sur 670 firmes, contre 611 un an plus tôt.

Les bénéfices bruts, eux, ont grimpé l'an passé de 18% à un nouveau pic de 16,6 milliards de dollars (16 milliards de francs). L'année précédente, ils avaient connu une envolée de 214%, portés par les médicaments novateurs contre l'hépatite C.

L'impact des élections

La capitalisation boursière cumulée du secteur n'a progressé que de 5% à environ 1070 milliards de dollars. En 2013 et 2014, elle avait grimpé de 65% respectivement 34%. Après cinq ans d'expansion à la Bourse, la valeur de la branche a atteint son plus haut historique de 1230 milliards le 19 juillet 2015, avant de retomber de près d'un quart à 918 milliards fin mai 2016.

Les titres américains ont davantage souffert que leurs homologues européens. A l'approche des élections aux Etats-Unis, la grogne politicienne sur les prix des médicaments a pesé sur l'évaluation générale de l'industrie biotech, analyse EY. A cela s'ajoutent les incertitudes sur le marché global.

Sur le plan du financement, la situation reste solide. Les sociétés ont engrangé près de 71 milliards de dollars, avec un pic pour les firmes de taille moyenne. Compte tenu de la retenue croissante des investisseurs, l'apport de capital-risque et l'intérêt des investisseurs externes à la branche tombent à pic.

Les dépenses de recherche et développement (R&D) ont grimpé de 16% à 40,1 milliards de dollars l'an passé. Là encore, elles sont surtout le fait de sociétés de taille moyenne (moins de 500 millions de chiffre d'affaires).

Alliances stratégiques

Nouveau record aussi sur le front des fusions et des acquisitions. Le volume cumulé des 89 transactions (69 en 2014) a bondi de 120% sur un an pour s'inscrire à 100,2 milliards de dollars. Car la compétitivité et la croissance passent désormais par une position prédominante dans un petit nombre de domaines thérapeutiques bien ciblés, relève EY.

Les grandes sociétés misent aussi sur les alliances stratégiques, dont la valeur potentielle a atteint la valeur historique de 55,4 milliards de dollars en 2015. Les alliances intra-branche ont aussi atteint un sommet à 20,9 milliards. A ce titre, le partenariat entre la société bâloise CRISPR Therapeutics et l'américaine Vertex Pharmaceuticals, valorisé à 2,63 milliards, décroche la palme d'or.

En Suisse aussi

En Suisse aussi, la biotech a poursuivi son essor. Pour rappel, le chiffre d'affaires de ses 279 entreprises a augmenté de 5,1% à 5,13 milliards de francs, selon le Swiss Biotech Report publié mi-avril.

Les investissements de capitaux ont, quant à eux, progressé d'un quart pour atteindre un montant record de 907 millions de francs. Sur ce montant, 433 millions sont le fait de firmes non cotées et de jeunes pousses.

Près de 400 postes et 15 nouvelles firmes ont, par ailleurs, été créés l'année dernière. Au total, la branche employait 15'000 personnes dans le pays. A cela s'ajoutent environ 25'000 à 30'000 emplois dans des entreprises sous-traitantes ou prestataires.

ATS