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Nouvelle-Calédonie: le non à l'indépendance l'emporte largement

La participation au référendum en Nouvelle-Calédonie a été massive dans les 284 bureaux de vote du pays. Elle a atteint 80,63%.

Keystone/AP/MATHURIN DEREL

(sda-ats)

Vingt ans après les accords de Nouméa, les électeurs de Nouvelle-Calédonie se sont prononcés dimanche contre l'indépendance de ce territoire français depuis 1853. C'est un résultat sans surprise mais en deçà des attentes des loyalistes. La participation a été massive.

Selon les résultats définitifs communiqués par le Haut-commissariat de la République, le "non" l'emporte à 56,4% contre 43,6% pour le "oui". La participation dans les 284 bureaux de vote atteint 80,63%. Au total, 174'154 personnes, un corps électoral restreint établi après de délicates négociations, avaient à répondre par "oui" ou par "non" à la question suivante: "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?"

Surnommé le "Caillou" et situé à 16'000 km de la métropole, cet archipel de quelque 275'000 habitants dispose déjà d'une large autonomie et reçoit chaque année 1,3 milliard d'euros de financements de Paris. Ce référendum d'autodétermination s'est déroulé sans violences à l'exception d'incidents à Nouméa où des véhicules ont été incendiés ou caillassés. Il marque un tournant dans le processus de décolonisation engagé il y a 30 ans.

L'allocution de Macron

"Je dois d'abord dire l'immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique, je veux aussi dire la fierté pour le chef de l'Etat que la majorité des Calédoniens ait choisi la France: c'est pour nous une marque de confiance dans la République française, dans son avenir et dans ses valeurs", a déclaré Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée.

"En ce jour, le seul vaincu est la tentation du mépris, de la division, de la violence, de la peur, le seul vainqueur c'est le processus en faveur de la paix qui porte la Nouvelle-Calédonie depuis 30 ans", a-t-il souligné.

Les accords de Matignon de 1988, conclus après une décennie de violences entre groupes kanaks (populations autochtones) et caldoches (populations essentiellement d'origine européenne), ont été suivis par celui de Nouméa en 1998 entre l'Etat, le FLNKS (Front de libération national kanak et socialiste) et le RPCR (Rassemblement pour la Calédonie dans la République).

L'accord prévoyait qu'au terme d'une période de 20 ans "le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité" seraient soumis à référendum.

Main tendue aux indépendantistes

Pour M. Macron, le scrutin de dimanche témoigne d'un "esprit de dialogue que plus rien n'entamera". Dans une déclaration pesée, insistant sur le destin commun des Calédoniens et la paix civile, le chef de l'Etat a tendu la main aux indépendantistes, disant mesurer leur déception.

"A ceux-là, je veux dire que l'Etat est engagé au côté de la Nouvelle-Calédonie pour garantir dans la durée la dignité de toutes les composantes de la société, autour des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. Nous pouvons les partager au-delà de nos divergences, dans l'humilité et dans le respect".

Le premier ministre, Edouard Philippe, était attendu lundi à Nouméa avec la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, pour poursuivre les discussions avec les acteurs politiques locaux. L'exécutif a observé une stricte neutralité dans la campagne et veillé à la transparence du scrutin, qui a été supervisé notamment par des observateurs de l'ONU.

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