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Des manifestants ont incendié des maisons et affronté la police mardi dans une ville de Tikapur, dans l'ouest du Népal. La veille, sept policiers et un garçon de 18 mois avaient été tués, en marge d'une manifestation contre une nouvelle Constitution.

"Des heurts sporadiques ont éclaté aujourd'hui, quelques groupes défiant le couvre-feu" instauré après les violences de lundi, a dit Dhan Bahadur Kathayat, haut responsable de la police de cette ville située à 420 km à l'ouest de Katmandou. "Ils ont mis le feu à des maisons, mais nos équipes ont éteint ces incendies", a-t-il précisé.

Le gouvernement a décidé d'envoyer l'armée en renfort dans la zone après les violences de lundi, qui ont surpris la police par leur ampleur. Selon un porte-parole des forces paramilitaires de l'Armed Police Force (APF), les forces de l'ordre se sont retrouvées dépassées par les manifestants qui les encerclaient.

"A ce moment, il s'est avéré difficile pour le commandement de communiquer correctement avec ses hommes et aucune décision n'a été prise de riposter avec les armes", a-t-il déclaré.

"Incapables d'évaluer la menace"

Avant que la police ne disperse la foule au moyen de gaz lacrymogènes, plus de 40 membres des forces de l'ordre avaient été blessés. "Les forces de sécurité ont été incapables d'évaluer la menace. Personne ne s'attendait à cette attaque lancée au moyen d'un nombre énorme d'armes artisanales", a dit le porte-parole.

Parmi les victimes des violences figure le fils de 18 mois d'un responsable des forces paramilitaires, Netra Bahadur Saud. L'enfant a été tué lorsque des manifestants ont ouvert le feu sur sa maison à Tikapur. Selon la police, aucune victime n'est à déplorer du côté des manifestants.

Minorité mécontente

La colère gronde depuis plusieurs semaines dans quelques régions du Népal après l'accord sur une nouvelle Constitution. Il prévoit la création de sept provinces, au grand dam de certaines communautés historiquement marginalisées qui craignent d'être mal représentées politiquement.

Les dernières violences ont éclaté à Tikapur où des membres de la minorité ethnique des Tharus ont manifesté pour obtenir la création d'une province séparée. Les Tharus peinent à sortir de décennies de travail forcé au service de propriétaires terriens de caste supérieure.

Les manifestations contre le projet de Constitution avaient déjà provoqué la mort de trois manifestants tués par balle par la police depuis début août.

Les principaux partis népalais ont trouvé en juin un accord sur le projet de Constitution, quelques semaines après un séisme meurtrier qui a poussé les dirigeants politiques du pays à mettre fin à des années de dissension. Les consultations sur la loi fondamentale avaient commencé en 2008, deux ans après la fin d'une insurrection maoïste.

ATS