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Le débat au Parlement grec s'est poursuivi durant la nuit.

KEYSTONE/EPA ANA-MPA/ALEXANDROS VLACHOS

(sda-ats)

Le parlement grec a décidé jeudi matin de constituer une commission d'enquête sur l'affaire des pots-de-vin présumés versés par le groupe pharmaceutique bâlois Novartis à une dizaine d'importants responsables politiques lorsqu'ils étaient en fonctions.

A la suite d'un débat qui s'est poursuivi dans la nuit de mercredi à jeudi, une large majorité s'est prononcée en faveur d'une telle commission préliminaire d'enquête, qui était réclamée par les responsables politiques incriminés eux-mêmes, soucieux de blanchir leurs noms.

"Y-a-t-il quelqu'un qui doute des pratiques opaques de cette compagnie?", a lancé le Premier ministre, Alexis Tsipras, devant les députés.

Des milliers de médecins ont été rémunérés illégalement pour prescrire des produits de Novartis, la compagnie a contribué à "manipuler" les prix de ses produits et a blanchi de l'argent par l'intermédiaire de congrès médicaux au "mérite douteux", a-t-il ajouté.

"La justice sera rendue", a poursuivi Alexis Tsipras. Seul le Parlement dispose du pouvoir de lancer une enquête à l'encontre d'anciens ministres lorsqu'ils étaient en fonctions.

Ancien Premier ministre visé

Parmi les politiques mis en cause et désignés par des témoins protégés dans une enquête pour l'essentiel américaine, figurent l'ancien Premier ministre conservateur Antonis Samaras, le commissaire européen aux Migrations Dimitris Avramopoulos et Yannis Stournaras, gouverneur de la Banque de Grèce.

Tous rejettent les accusations portées à leur encontre. "Je sais que (Alexis) Tsipras me déteste, mais vous êtes allés trop loin. Vous répondrez de cette machination contre moi", a déclaré Antonis Samaras devant les députés. La commission parlementaire dispose d'un mois pour recommander des poursuites à l'encontre de tout suspect confirmé.

Novartis est soupçonné d'avoir versé entre 2006 et 2015 des pots-de-vin à des responsables politiques et à des médecins pour acquérir une position dominante sur le marché grec, et écouler des médicaments à prix élevés alors même que des alternatives meilleur marché étaient disponibles.

Plainte pour diffamation

Des estimations judiciaires portent à quelque 3 milliards d'euros (3,4 milliards de francs) les pertes pour les caisses publiques grecques. L'opposition à Alexis Tsipras accuse le gouvernement de vouloir avec cette affaire détourner l'attention sur les questions économiques et internationales.

Dimitris Avramopoulos, qui fut ministre de la Santé de 2006 à 2009, poursuit en justice pour diffamation et parjure les témoins qui l'auraient nommé et réclame que leurs identités soient rendues publiques. Yannis Stournaras, l'ancien ministre des Finances de Antonis Samaras, a qualifié les accusations d'"idiotes" et de "calomnies ignobles".

Selon l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), l'achat de médicaments en Grèce a grimpé de 23,6% des dépenses totales dans le domaine de la santé en 2006 à 30,7% en 2011. Elles sont retombées à 25,9% en 2015, à la suite des pressions des créanciers internationaux.

Novartis a indiqué pour sa part qu'elle coopérait depuis quatorze mois avec les autorités grecques et américaines, tout en conduisant de son côté un audit interne.

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ATS