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Le département d'Etat a transféré dimanche au Congrès américain le texte de l'accord sur le nucléaire iranien, sur lequel les deux chambres devraient voter sous 60 jours. Le ministre allemand de l'économie est lui arrivé à Téhéran avec une délégation commerciale.

Le Congrès américain, dont la majorité républicaine est hostile à l'accord décroché avec Téhéran la semaine passée, pourra adopter soit une improbable résolution d'approbation symbolique, soit une résolution de désapprobation de l'accord. Celle-ci empêcherait la suspension des sanctions américaines contre Téhéran, promise par Washington en contrepartie des concessions iraniennes.

L'accord sur le nucléaire iranien a été conclu mardi dernier à Vienne entre Téhéran et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne).

Il vise à rendre quasiment impossible la possibilité pour l'Iran de fabriquer une bombe atomique, tout en lui assurant le droit de développer une filière nucléaire civile. En échange, la République islamique bénéficiera d'une levée progressive des sanctions internationales.

Netanyahu exige "un meilleur accord"

Le président américain Barack Obama a réfuté samedi les critiques en affirmant que sans cet accord historique, il y avait le risque d'une "autre guerre dans cette région volatile".

Outre les critiques venant du Congrès, l'accord est vu avec inquiétude par des alliés de Washington au Moyen-Orient, en particulier Israël.

"Ce régime a juste reçu un accord de rêve", a affirmé dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur la chaîne américaine CBS, assurant qu'il ouvrait la voie à "beaucoup de bombes dans une décennie".

Il a affirmé qu'il demanderait au secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, attendu en Israël dans les jours à venir, que les puissances occidentales "négocient un meilleur accord".

Sigmar Gabriel sur place

Le ministre allemand de l'économie Sigmar Gabriel est lui arrivé dimanche en Iran à la tête d'une délégation économique. Premier responsable occidental de haut rang à se rendre dans le pays depuis le paraphe de Vienne, il a appelé Téhéran à améliorer ses relations avec Israël, sans quoi il ne pourra y avoir de rapprochement économique avec les pays occidentaux.

Il a également proposé que l'Allemagne joue un rôle de médiateur entre les deux Etats. Berlin est dans une position délicate, dans la mesure où l'Allemagne tente de ménager sa relation avec Israël, mais entend dans le même temps profiter de la nouvelle situation pour gagner des parts de marché en Iran.

Le ministre allemand est probablement le premier visiteur d'une longue série. Mercredi dernier, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius avait aussi annoncé son intention de se rendre en Iran, sans préciser de date.

Rossier à Téhéran lundi

Côté suisse, le secrétaire d'Etat Yves Rossier arrivera lundi à Téhéran. Cette visite de quatre jours s'inscrit dans le cadre des consultations politiques régulières entre les deux pays, selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Son chef Didier Burkhalter, qui s'exprimait dimanche dans la NZZ am Sonntag, veut lui supprimer les sanctions contre l'Iran "aussi vite que possible", selon l'accord au plus tôt à partir du premier semestre 2016.

Avec le rapprochement entre Téhéran et Washington, il dit ne pas craindre une perte de l'influence diplomatique suisse, qui agit comme puissance protectrice des Etats-Unis depuis 1980 en Iran.

Une normalisation des relations entre l'Iran et les Etats-Unis ne semble effectivement pas encore à l'ordre du jour. L'accord sur le nucléaire ne changera pas la politique de Téhéran face au "gouvernement arrogant américain", a ainsi déclaré samedi le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Il ne changera pas non plus sa politique de soutien aux "amis" dans la région, a-t-il dit.

ATS